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Tchernobyl : la contamination des sols et les effets sur la faune et la flore

Dossier - Tchernobyl : les conséquences de la catastrophe
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Découvrez le bilan des connaissances acquises sur les conséquences de l'accident de Tchernobyl. Quel est le devenir de ce site ? Quelles sont les conséquences sanitaires ? Quel est l'état des territoires contaminés ? Les réponses dans ce dossier.

  
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Si la radioactivité a fortement touché la population locale, qu'en est-il des sols ? Animaux et plantes ont-ils disparu de la zone d'exclusion ?

Quel est l'état des sols à proximité de Tchernobyl, et que sont devenus les animaux ? © DR

La connaissance de la contamination des sols par le césium 137 est bien établie tant en Biélorussie, en Ukraine qu'en Russie. La clairance des sols (la clairance des sols pour le césium 137 varie de 10 à 25 ans en fonction de la caractéristique du sol, c'est le temps au bout duquel la contamination est divisée par 2) et les pratiques agricoles entraînent une diminution régulière de la contamination des produits alimentaires. Cependant, le changement des pratiques agricoles et de l'amendement des sols dus aux difficultés économiques peuvent induire ponctuellement une augmentation de la contamination des productions. Dans certaines zones, la migration des dépôts de césium 137 et de strontium 90 amène à la création de points ou de zones d'accumulation de la contamination qui sans un contrôle rigoureux peuvent induire une augmentation ponctuelle de la contamination des produits.

À Tchernobyl, malgré ce que l'on pourrait penser, végétaux et animaux (daims, lapins, souris, oiseaux et même des loups ou des ours...) sont présents dans une nature qui a repris ses droits. Une présence positive donc, mais porteuse de nombreux débats. Pour évaluer la santé de ces animaux, de nombreuses études ont été faites par des biologistes internationaux. 

Une décontamination très lente

Un des problèmes majeurs d'un accident nucléaire est que la décontamination est un phénomène extrêmement lent. Les éléments contenus dans le panache radioactif se sont d'abord déposés sur le couvert végétal et se sont ensuite infiltrés dans le sol, grâce aux pluies. Vingt-cinq ans après la catastrophe, le césium 137 et le strontium 90 (dont les demi-vies avoisinent les trente ans) continuent de migrer verticalement dans le sol à raison de 2 à 4 centimètres par an.

Cette migration des radionucléides est en plus freinée par l'absorption de certains d'entre eux par les racines des végétaux, qui vont alors les incorporer dans leur organisme, ce qui a pour conséquence de faire remonter en surface les éléments radioactifs. Les plantes et les champignons, prisonniers de la zone radioactive, portent ainsi les séquelles de la présence des radionucléides. Beaucoup d'entre eux présenteraient des tumeurs ou des anomalies structurales, et produiraient du pollen ou des spores dont une grande quantité serait malformée.

Des organismes végétaux qui s'adaptent !

Cependant, des scientifiques ont montré que certains végétaux, récoltés à Tchernobyl, avaient produit une meilleure résistance aux produits mutagènes au fil des générations. Cette résistance se manifeste directement dans l'ADN, qui s'est donc modifié pour s'adapter à l'environnement spécifique de Tchernobyl ! 

Les effets chez les animaux

Les études concernant l'état de santé des animaux sont contradictoires et il est donc difficile d'établir des conclusions certaines. Des scientifiques ont dénombré des anomalies, par exemple chez l’hirondelle rustique (Hirundo rustica) qui possède un cerveau plus petit que les autres spécimens des régions non contaminées, ainsi qu'un ADN abîmé. Des espèces d'insectes et d'araignées ont également été étudiées et seraient en nombre inférieur à la normale. Pour d'autres scientifiques, la radioactivité s'avérerait moins nocive que prévu pour les animaux sur place.

Plus d'informations sur le site de l'IRSN.