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Le devenir du site de Tchernobyl : construction du nouveau sarcophage

Dossier - Tchernobyl : les conséquences de la catastrophe
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Découvrez le bilan des connaissances acquises sur les conséquences de l'accident de Tchernobyl. Quel est le devenir de ce site ? Quelles sont les conséquences sanitaires ? Quel est l'état des territoires contaminés ? Les réponses dans ce dossier.

  
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Le « sarcophage » construit en 1986 dans des conditions difficiles pour abriter les restes du réacteur accidenté présente un risque d'effondrement certes faible mais qui aurait pour conséquence une émission de poussières radioactives dans l'environnement proche, entraînant une exposition du personnel présent sur le site. Il a donc été décidé la construction d'une arche de confinement, qui sera glissée sur l'ancien sarcophage.

Le projet de l'arche de protection du réacteur 4. © Vinci/Bouygues

Le projet Sip : où en est-on ?

Afin de renforcer durablement la tenue du sarcophage, le projet Sip (Shelter Implementation Plan) devait être lancé en 1998 pour une durée de huit ans par un groupe de travail d'experts en sûreté nucléaire du G7 et par le gouvernement ukrainien. Ce projet pose la construction d'un nouveau sarcophage (New Safe Confinement - NSC) dont le concept a été choisi en 2001. Sa durée de vie est estimée à 100 ans. Ce projet a également mis en place le démantèlement des structures instables du sarcophage actuel comme des éléments de toiture et certaines poutres de portage ainsi que le conditionnement de déchets radioactifs.

Si la consolidation du sarcophage est si importante, c'est que les informations officielles évaluent à 97 % la part du combustible radioactif resté à l'intérieur du réacteur. Mais les informations disponibles sont contradictoires et l'on peut penser que ce taux a été largement augmenté afin de rassurer la population locale et l'Union européenne (ainsi, seuls 3 % du combustible radioactif se seraient répandus dans le monde...).

Il était prévu au départ que les travaux se terminent en 2007, mais l'échéance a ensuite été repoussée en 2012. On sait aujourd'hui que les travaux n'ont débuté qu'en 2010, leur fin étant évaluée à 2017...

Le financement des travaux

Des fonds ont été investis par les pays occidentaux et les organismes internationaux dans les projets relevant du protocole d'accord signé le 20 décembre 1995 entre les pays du G7, la Commission européenne et l'Ukraine, les trois quarts correspondant à des dons, issus pour près de 60 % des pays de l'Union européenne et de la Commission européenne. La majeure partie de ces dons, plus de 910 millions de dollars, a été consacrée au financement de modifications techniques du réacteur numéro 3 arrêté le 15 décembre 2000, des installations entrant dans le cadre du démantèlement de la centrale et du projet d'amélioration de la sûreté du « sarcophage ».

L'IRSN, en liaison étroite avec son homologue allemand la GRS (Gesllschaft für Anlagen-und Reaktorsicherheit), participe activement à l'aide fournie par les pays occidentaux, d'une part en apportant un appui technique à l'autorité de sûreté ukrainienne pour les opérations menées sur le « sarcophage » et dans le cadre du démantèlement, d'autre part en soutenant une coopération scientifique avec l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie, dans le cadre de l'Initiative franco-allemande (IFA).

Le projet est estimé à 1,540 milliards d'euros, mais ce budget initial ne prenait pas en compte l'inflation du prix des matières premières. Après une analyse technique menée entre 2013 et 2014, le budget est passé de 1,540 milliards à 2,1 milliards d'euros. En 2016, le budget est estimé à 2,9 milliards d'euros.

Le 19 avril 2011, une conférence organisée à Kiev avait pour but de récolter 740 millions d'euros. Les représentants de la cinquantaine de pays donateurs se sont donc retrouvés pour une conférence dirigée par le président ukrainien Viktor Ianoukovitch. S'y trouvait également le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et pour représenter la France, François Fillon. Au final, les pays donateurs ont décidé d'octroyer 550 millions d'euros pour achever la construction de l'arche.

En 2015, une conférence internationale organisée à Londres a quant à elle réalisé une nouvelle levée de fonds de 180 millions d'euros. À l'issue de cette conférence, il manquait 85 millions d'euros dans le budget, une somme qui n'est pas considérée comme un obstacle.

L'arche de protection du sarcophage

La construction du nouveau sarcophage (on parle d'arche) a été confiée à Vinci et Bouygues, pour près de 3 milliards d'euros (provenant de dons de 23 pays et administré par la Berd - Banque européenne pour la reconstruction et le développement). Il s'agit d'une enceinte de confinement, dont le but est d'isoler l'ancien sarcophage fissuré, sur lequel elle sera glissée. Le dispositif se compose d'une arche métallique de 23.000 tonnes, sur 108 mètres de haut et 162 mètres de long. À terme, cette arche devra permettre de démanteler l'ancien sarcophage.

Coupe du projet du nouveau sarcophage, ou plus précisément de l'arche. © DR