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[EN VIDÉO] Quels phénomènes sont à l’origine de la vie ? Dès 1871, Charles Darwin avait imaginé que la vie terrestre aurait pu naître « dans une petitenull

L'expérience de Miller est une expérience marquante pour l'exobiologie qui a été réalisée en 1953 par le tout jeune chimiste Stanley Miller, alors étudiant en thèse du prix Nobel de chimiechimie Harold Urey. Il s'agissait de lever un peu le voile sur les mécanismes à l'origine de l'apparition de la vie sur la TerreTerre primitive - probablement à la fin de l'HadéenHadéen, il y a environ quatre milliards d'années - en montrant qu'il était possible de fabriquer des acides aminésacides aminés, les briques des protéinesprotéines, à partir d'une atmosphèreatmosphère de l'époque que l'on pensait alors similaire à celles de Jupiter et de SaturneSaturne.

Cette hypothèse, proposée dans les années 1920 par le biochimistebiochimiste russe Alexandre Oparine et le biologiste anglais John Burton Haldane était plausible puisque le champ de gravitégravité de la Terre n'aurait fait qu'attirer à lui le même mélange de gazgaz présent à l'époque dans le disque protoplanétairedisque protoplanétaire qui a donné les atmosphères de ces géantes. Toutefois, l'atmosphère de notre planète aurait dû surtout contenir du méthane, de l'ammoniacammoniac et du gaz carboniquegaz carbonique. L'hydrogènehydrogène et l'héliumhélium, largement majoritaires dans les géantes, ne pouvant rester longtemps piégés dans le faible champ de gravitationgravitation de la Terre, croyait-on.

Stanley Miller faisant une démonstration de sa célèbre expérience. Elle a depuis été répétée de nombreuses fois avec des variantes. Elle fait toujours l’objet de recherches, d’autant plus que l’on se prépare à analyser l’atmosphère d’un grand nombre d’exoplanètes. © universe-review
Stanley Miller faisant une démonstration de sa célèbre expérience. Elle a depuis été répétée de nombreuses fois avec des variantes. Elle fait toujours l’objet de recherches, d’autant plus que l’on se prépare à analyser l’atmosphère d’un grand nombre d’exoplanètes. © universe-review

L'expérience de Miller et la chimie prébiotique

Miller enferma donc ces gaz dans un ballonballon, les soumit à un rayonnement ultravioletultraviolet similaire à celui du jeune SoleilSoleil ainsi qu'à des décharges électriques, comme à l'occasion d'oragesorages. Au bout de quelques jours, le chimiste constata la formation d'un dépôt sombre sur les parois du ballon empli d'eau et représentant l'océan terrestre. L'analyse montra qu'il contenait non seulement du formaldéhydeformaldéhyde et de l'acide cyanhydrique (deux moléculesmolécules qui jouent un rôle clé dans la synthèse de molécules organiques d'intérêt biologique), mais aussi de petites quantités d'acides aminés, notamment de la glycineglycine. Une chimie prébiotiqueprébiotique pouvait donc fort bien avoir été à l'origine de la vie sur Terre.

Un schéma de diverses expériences de Miller réalisées à ce jour. Plusieurs mélanges de gaz contenant des proportions variées de ceux indiqués ont été soumis à des arcs électriques et parfois aussi à des rayons ultraviolets. Les molécules prébiotiques résultantes pourraient avoir constitué une « soupe chaude primitive » dans les océans d’où la vie aurait émergé. © Yassine Mrabet
Un schéma de diverses expériences de Miller réalisées à ce jour. Plusieurs mélanges de gaz contenant des proportions variées de ceux indiqués ont été soumis à des arcs électriques et parfois aussi à des rayons ultraviolets. Les molécules prébiotiques résultantes pourraient avoir constitué une « soupe chaude primitive » dans les océans d’où la vie aurait émergé. © Yassine Mrabet

Des variantes de l'expérience de Miller

La composition chimique de l'atmosphère primitive a depuis été remise en cause pour de multiples raisons (l'hydrogène aurait pu quitter la Terre moins rapidement qu'on ne le pensait) et de nombreuses variantes de l'expérience de Miller ont vu le jour au cours des décennies qui ont suivi, notamment avec une atmosphère bien plus riche en gaz carbonique. Stanley Miller lui-même a cosigné un article paru en 2008 (à lire ici) et décrivant une autre version de son expérience, ultime travail de sa vie puisque le chercheur s'est éteint en mai 2007.

De manière générale, tout a tourné autour d'une question fondamentale en chimie : l'atmosphère terrestre d'alors était-elle un milieu oxydant, réducteur ou neutre ? Cette caractéristique conditionne en effet la nature et les quantités de molécules prébiotiques synthétisées. Elle renseigne donc sur la crédibilité et l'importance de cette expérience pour éclairer sur l'origine de la vie.