Les données fournies par la sonde de la Nasa New Horizons – ici en image – ont bouleversé notre vision de Pluton. Aujourd’hui, elles viennent bousculer ce que les astronomes pensaient du milieu interstellaire local. © Nasa
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Le Système solaire est dans une région plus dense qu’on ne le pensait

ActualitéClassé sous :voie lactée , milieu interstellaire , densité

Déterminer la densité du milieu interstellaire dans lequel évolue le Système solaire n'est pas chose aisée. Mais des données recueillies par la sonde New Horizons du côté de la ceinture de Kuiper apportent un éclairage nouveau sur la question. La région de la Voie lactée dans laquelle nous vivons serait 40 % plus dense que les astronomes le pensaient.

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Le milieu interstellaire. C'est ainsi que les astronomes nomment cet espace, au cœur d'une galaxie, qui se situe en dehors de l'influence directe des étoiles. Un no man's land dans lequel se bousculent tout de même les particules et la lumière émises par les quelque 100 milliards d'étoiles qui peuplent la Voie lactée. Seules les deux sondes Voyager se sont déjà suffisamment éloignées du Soleil pour franchir la frontière invisible de l'espace dominé par notre étoile.

Aujourd'hui, des mesures effectuées par la sonde de la Nasa New Horizons éclairent cette région de notre Galaxie d'un jour nouveau. Selon les résultats des chercheurs, avec environ 40 % plus d'atomes d'hydrogène que certaines études antérieures le suggéraient, le milieu interstellaire local est plus dense que l'avaient imaginé des astronomes.

Rappelons que la sonde New Horizons navigue actuellement au cœur de la ceinture de Kuiper, aux confins du Système solaire. Et c'est par là qu'elle a été en mesure de capter des ions fraîchement issus du milieu interstellaire. Des ions qui se distinguent de ceux qui composent le vent solaire par une énergie beaucoup plus élevée. Des ions dont la quantité trahit finalement la densité du milieu interstellaire.

Des résultats qui convergent enfin

Cette densité, les chercheurs l'évaluent à 0,127 particule par centimètre cube, soit environ 120 atomes d'hydrogène par litre. Un résultat conforme à une mesure du ralentissement - dû aux particules du milieu interstellaire - du vent solaire effectuée par la sonde Voyager 2 en 2001. Mais qui s'écarte des résultats obtenus plus récemment par la sonde de la Nasa Ulysse ou encore grâce à des données combinées issues de Voyager et d'Ulysse : 85 atomes par litre.

Selon les chercheurs cependant, les mesures d'Ulysse, réalisées beaucoup plus près du Soleil que celles de New Horizons peuvent donner des résultats sous-estimés après « des milliards de kilomètres de filtrage ». Les résultats combinés Ulysse/Voyager s'appuyaient quant à eux sur un chiffre dont la valeur consensus actuelle est bien plus importante. De quoi, après correction, rejoindre finalement la valeur d'environ 120 atomes par litre.

Réévaluer la densité de la région de la galaxie dans laquelle nous vivons permettra peut-être de lever quelques mystères. Comme celui du ruban de matière détecté par l'Interstellar Boundary Explorer (Ibex) en 2009. Selon les modèles des astronomes, la présence de cette structure brillante d'un milliard de kilomètres de large et de dix milliards de kilomètres de long reste inexplicable. Mais une densité du milieu interstellaire locale de 40 % supérieure à celle qu'ils imaginaient pourrait bien aider à mieux comprendre cet étrange objet.

« C'est surtout la première fois que des instruments observent des ions issus du milieu interstellaire aussi loin du Soleil et notre image du milieu interstellaire local correspond à celle d'autres observations astronomiques, conclut Pawel Swaczyna, chercheur à l'université de Princeton (États-Unis), dans un communiqué de la NasaC'est un bon signe. »

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