Les deux sondes Viking de la Nasa, qui ont atterri sur Mars les 20 juillet et 3 septembre 1976, pourraient avoir échoué dans leurs recherches de traces de vie simplement parce qu'une de leurs expériences les aurait malencontreusement tuées avant de les identifier, selon Dirk Schulze-Makuchun, professeur de géologie de l'université d'état de Washington.
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Le mois dernier, les scientifiques avaient été enthousiasmés devant de nouvelles photographiesphotographies de la surface de la Planète rouge, montrant des changements géologiques suggérant que de l'eau pouvait encore couler en certains endroits, et offrant des conditions favorables à la vie. Cependant, il y a 30 ans, les missions VikingViking qui avaient été conçues essentiellement dans un but de recherches biologiques n'avaient rien détecté. Et depuis, toutes les missions martiennesmissions martiennes qui se sont succédées semblent avoir été conçues en éludant soigneusement cet objectif (excepté Beagle-2, malencontreusement perdue), ce qui d'ailleurs ne manque pas d'intriguer...

Mais les instruments des Vikings avaient été étudiés pour détecter des formes de vies connues à l'époque de leur conception. Or depuis, de nouvelles observations, bien terrestres, ont été effectuées qui ont toujours tendance à déplacer la frontière des possibilités de vie dans les endroits autrefois considérés comme inhospitaliers.

Ainsi, il était inconcevable il y a 30 ans qu'une forme de vie puisse se baser sur des cellules dont le liquideliquide interne aurait été différent de l'eau salée. Mais depuis, des bactériesbactéries terrestres très différentes ont été observées, supportant une forte concentration de H2O2 dans leur environnement, et les acétobacter, des micro-organismesmicro-organismes, utilisent le peroxyde d'hydrogèneperoxyde d'hydrogène dans leur métabolismemétabolisme.

La conception des instruments d'analyse des Viking ne pouvait donc pas tenir compte de ces connaissances, or elle se basait sur des tentatives de culture in vitroin vitro d'échantillons de sol susceptibles de renfermer des micro-organismes de type terrestre, la seule forme de vie que nous connaissons. Mais le simple fait de mettre des formes de vie de type acétobacter en contact avec de l'eau suffit à les tuer, ou même à provoquer leur combustioncombustion, une réaction qui semble avoir été démontrée par les résultats des tests chimiques conduits à l'époque par les sondes, affirment Schulze-Makuchun, ainsi que son collaborateur Joop Houtkooper, de l'université Justus-Liebig à Giessen (Allemagne).

Les deux chercheurs indiquent aussi qu'une bactérie "fonctionnant" au peroxyde d'hydrogène présenterait de singuliers avantages sur Mars, car un mélange H2O/H2O2 reste liquide jusqu'à -55 degrés centigrades et n'entraîne pas la destruction des cellules en cas de gelgel. De plus, il peut absorber la vapeur d'eau présente dans l'atmosphèreatmosphère. Mais les scientifiques ne connaissant à l'époque ni cette forme de vie, ni les conditions qui régnaient sur Mars, ne pouvaient tenir compte de ces paramètres, ajoutent-ils.

Les recherches de Schulze-Makuchun et Joop Houtkooper coïncident avec un travail accompli par la commission Weird Life du National Research Council, qui s'inquiètent de la vision trop limitée de certains biologistes, qui ont tendance à rechercher des formes de vie extraterrestres basées principalement sur les modèles présents sur notre planète.