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Le véhicule de transfert automatique (ATV)

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Le vaisseau ravitailleur ATV est, avec le laboratoire Columbus, l'élément le plus important de la contribution européenne au fonctionnement de la Station Spatiale Internationale.

Son association avec le lanceur Ariane 5 offre à l'Europe son propre système de transport spatial pour rejoindre la Station et sa capacité d'assurer des missions de logistique. De plus, cette contribution couvre la part européenne des coûts liés aux opérations nécessaires à l'ensemble de la Station. Explication.

Tous les partenaires de la Station doivent contribuer à l'exploitation de la Station afin qu'elle demeure opérationnelle. Son exploitation comporte deux catégories d'opérations : en premier lieu, celles qui sont nécessaires aux éléments spécifiques de ces partenaires et, en second lieu, celles qui sont nécessaires à l'ensemble de la Station. Cette seconde catégorie regroupe les opérations communes à l'ensemble de la Station, comme le lancement et retour des équipages et des consommables, le Centre de contrôle de l'ISS, le Centre d'intégration des opérations, etc.. Au lieu que les partenaires versent leurs contributions au crédit d'un compte joint qui servirait à rémunérer les divers prestataires de service, il a été décidé que chaque partenaire s'efforce de fournir des services en nature jusqu'à la valeur correspondant à sa part. Les missions Ariane 5 / ATV couvrent la part européenne de ces coûts, qui se situent à environ 9 %.

L'ATV (Automated Transfert Vehicle)

Ce module d'une vingtaine de tonnes aura trois tâches principales : acheminer vivres, vêtements de rechange, matériels scientifiques, eau potable, oxygène, azote aux astronautes de la station ainsi que les ergols nécessaires à son fonctionnement. Par l'intermédiaire de ses moteurs, l'ATV sera également utilisé pour corriger l'orbite de la Station et compenser ses pertes régulières d'altitude. Cette fonction appelée reboost par la NASA est considérée comme un élément d'infrastructure de la Station. En fin de mission, l'ATV servira à l'évacuation de divers déchets, lesquels seront détruits par combustion lors de la rentrée contrôlée du vaisseau dans les couches denses de l'atmosphère.

Huit missions de l'ATV sont aujourd'hui prévues. En septembre 2004, le " protoflight " Jules Verne (premier ATV) sera lancé par Ariane 5. C'est à Brême que seront ensuite produits les ATV de série, sous la maîtrise d'œuvre d'Astrium Space Infrastructure.

Au-delà de la valeur qu'il représente en terme de participation de l'Europe au programme de la Station, l'ATV constitue une étape importante dans le développement par l'Europe de ses futurs systèmes de transport spatial. Capable d'exécuter des manœuvres de transfert orbital et de rendez-vous, il représente les premiers pas de l'Europe dans le domaine de la technologie de la rentrée contrôlée, même s'il s'agit en l'occurrence d'une rentrée destructive. Toutefois on ne peut que regretter qu'avec la réussite de la mission ARD (démonstrateur de rentrée atmosphérique, octobre 1998) qui après avoir culminé à un apogée de 830 km, la capsule ARD entre dans l'atmosphère à la vitesse de 27 130 km/h et amerrit à moins de 14 km/h et à seulement 4 km du lieu prévu, l'Europe ne se soit pas donnée les moyens humains et financiers capables de développer un ATV réutilisable.

Le développement de Jules Verne se poursuit

Le développement du cargo spatial européen ATV franchit une étape importante avec le démarrage de la campagne d'essais électriques et fonctionnels sur le site des Mureaux de EADS LAUNCH VEHICLES. Ces essais, destinés à qualifier les systèmes électriques et à valider le logiciel de vol, se dérouleront jusqu'à mi- 2004.

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