L'analyse des images acquises par la sonde européenne Huygens lors de sa descente dans l'atmosphère de Titan se poursuit. L'image du sol, prise lorsque la sonde est posée sur la surface de Titan montre un sol "plat", parsemé de blocs arrondis (galets), en forme d'ellipsoïdes assez plats et disposés à plat, du moins au premier plan (blocs numéroté 1, 2, 3 et 8). Autour du bloc 4, on devine un "sillon en creux" entourant ce bloc.
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Tout ceci suggère que l'on soit sur un terrain jonché de galets, qui auraient donc subi un transport par voie liquideliquide (galets de rivière et/ou torrenttorrent, galets de plage ayant roulé grâce aux vaguesvagues ...), car l'érosion éolienneéolienne ne donne pas souvent cette morphologiemorphologie en ellipsoïde aplati et qui auraient été déposés à plat lors du retrait de ce liquide. L'affouillementaffouillement que l'on voit autour du bloc 4 serait dû à un courant de fluide (liquide ou gazeux) qui en aurait érodé le pourtour.

Le site d'atterrissage de Huygens

Image du site Futura Sciences
Huygens s'est posé près de l'équateuréquateur, la région globalement la plus chaude de TitanTitan. Compte tenu de le précision de la localisation du site d'atterrissage de Huygens, il est difficile de dire s'il s'est posé sur une zone sombre ou un zone claire. Si Huygens s'est posé sur un terrain sombre correspondant à la "mer", on peut dire que cette mer ne serait pas remplie de liquide, mais serait constituée de ce sol "sableux" jonché de galets. Si on cherche une analogieanalogie terrestre, la région où s'est posé Huygens ressemblerait à la Mer d'Aral, une mer intérieure quasi asséchée suite aux travaux de drainagedrainage et d'irrigationirrigation entrepris par les Soviétiques dans les années 1960.

On peut penser que les rivières et les étendues liquides de Titan ont disparu dans cette région, et ce très récemment (géologiquement parlant), vraisemblablement en un site et à une époque très particulière, juste après la disparition irréversible et définitive par assèchement (ou par gelgel ?) des rivières, lacs et mers en cet endroit. Toutefois, il n'est pas exclu que les rivières et étendues liquides de ce site de Titan ne soient liquides qu'à certaines périodes, et disparaissent à d'autres, pour cause de variations climatiques. On pense à des variations saisonnières (les saisonssaisons titaniennes sont fort complexes du fait de la rotation de SaturneSaturne en 29 ans autour du soleilsoleil, de l'inclinaison de son axe de rotation sur l'écliptiqueécliptique (29°), et du fait de la rotation de Titan autour de lui-même et autour de Saturne en 16 jours) ou des variations à plus long termes (genre Milankowitch avec alternances de périodes chaudes et froides durant des milliers d'années).

Par contre, si Huygens s'est posé sur un terrain clair, et si les zones claires sont interprétées comme des îles, il est difficile de savoir si la mer est asséchée ou ne l'est pas.

Enfin, l'absence de cratères d'impact visibles serait due à l'atmosphèreatmosphère de Titan qui arrêterait les petites météoritesmétéorites, mais pas les grosses. Cela peut suggérer que cette morphologie est "géologiquement jeune" sans qu'on soit capable de fournir un chiffre.

Premières mesures des vents de Titan par Huygens

En utilisant les données des radiotélescopesradiotélescopes du monde entier, les scientifiques ont mesuré la vitessevitesse des ventsvents rencontrés par Huygens pendant sa descente à travers l'atmosphère de Titan.

Cette mesure n'a pas pu être faite depuis l'espace en raison d'un problème de configuration avec l'un des récepteurs de Cassini. Les vents sont faibles près de la surface et augmentent lentement avec l'altitude jusqu'à environ 60 kilomètres. Huygens a traversé des vents de près de 430 km/h à une altitude de 120 kilomètres.