Une vue artistique de ce que pourrait être le Dragon Fly, un engin volant conçu pour se promener sur Titan, la plus grosse lune de Saturne. © Laboratoire de physique appliquée de l'université Johns-Hopkins, Steve Gribben

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Drone volant sur Titan ou retour sur Tchouri : que choisira la Nasa ?

ActualitéClassé sous :Exploration robotique , Chury , titan

Des douze missions en compétition dans programme New Frontiers de la Nasa pour un financement et un lancement en 2025, il n'en reste que deux : une nouvelle visite à la comète Tchouri (celle de Rosetta), avec retour d'échantillons, et une exploration de Titan. Bientôt, il n'y aura qu'un gagnant.

Au printemps 2019, la Nasa va devoir choisir entre un retour sur Titan ou sur la comète Churyumov-Gerasimenko. Il y a quelques jours, l'Agence spatiale américaine a en effet dévoilé les noms des deux finalistes de son programme d'exploration planétaire New Frontiers. Une seule de ces deux missions sera retenue et financée à hauteur de 850 millions de dollars en vue d'un lancement à l'horizon 2025.

La mission Caesar vise à rapporter sur Terre un échantillon de la comète Churyumov-Gerasimenko, afin de mieux comprendre l'origine de la formation de la Terre et de ses océans, ainsi que l'apparition de la vie. Cette comète n'est pas inconnue. Elle a été étudiée avec le succès que l'on sait par la sonde Rosetta de l'ESA qui y a posé le module Philae lors d'un impact contrôlé et inédit. Si la Nasa décide de ne pas choisir cette mission, il est très probable que l'Agence spatiale européenne ou la Chine décident de financer une mission similaire (M5 pour l'ESA).

Comme nous l'explique Francis Rocard, le directeur au Cnes, « Caesar est la suite logique de Rosetta : je me doutais bien qu'une telle mission allait être décidée ». La difficulté est la température à laquelle il faut maintenir les échantillons. « C'est ce qui a tué la mission CNSR, ancêtre de Rosetta, qui prévoit un retour d'échantillon cométaire. » Mais comme l'instrument Rosina a très bien travaillé, « il est possible de se focaliser sur la partie réfractaire de la comète, car Cosac, sur Philae, n'a pas pu faire de mesures, et c'est certainement ce qui nous manque aujourd'hui ». D'où cette mission Caesar, beaucoup plus simple, qui « rapportera des échantillons à température ambiante ».

Quant à DragonFly, il s'agit d'un engin tenant du drone et de l'hélicoptère, qui explorerait la chimie prébiotique et l'habitabilité de dizaines de sites sur la lune géante de Saturne, Titan. Pour Francois Raulin, chercheur au CNRS et spécialiste d'exobiologie et de Titan, « c'est une excellente mission par son originalité (utilisation d'un drone) et par ses objectifs scientifiques : entre autres, analyser in situ la surface de Titan, en différents endroits, et avec des instruments d'analyse performants, ce que Cassini-Huygens n'a pu faire ».

Une représentation du concept de la mission Caesar pour rapporter sur Terre des échantillons cométaires. © Nasa

Deux missions présélectionnées pour des compétitions futures

Parmi les dix autres missions en compétition qui n'ont pas été choisies, la Nasa en a sélectionné deux qui présentent un très grand intérêt mais aussi des difficultés techniques assez importantes. Plutôt que de voir ces deux projets disparaître, faute de budget, la Nasa va financer des études technologiques pour leur permettre de se présenter à de prochaines compétitions.

La mission ELSAH (Enceladus Life Signatures and Habitability) vise Encelade, petit satellite de Saturne qui possède un océan interne et des sources hydrothermales, afin d'y étudier la compatibilité de ce milieu avec la vie ou une chimie prébiotique. Ce projet recevra des fonds pour mettre au point des technologies limitant la contamination des engins spatiaux, afin de les rendre aptes à détecter la vie et ce dans la limite du faible budget des missions New Frontières (environ 850 millions de dollars).

La seconde mission aidée est à destination de Vénus. Le projet VICI (Venus In Situ Composition Enquêtes) ambitionne un atterrissage sur cette planète pour étudier la composition des roches. En raison des températures et des pressions élevées qui règnent à la surface de Vénus, la durée de vie de la sonde sera très courte. Les fonds de la Nasa serviront à développer des composants capables de résister aussi longtemps que possible à ces conditions très difficiles.

  • La Nasa garde en lice deux missions pour un lancement vers 2025. Toutes deux consistent à revenir sur un endroit déjà connu mais complexe et permettant d'étudier des chimies de type prébiotique : Titan et la comète Churyumov-Gerasimenko.
  • Deux autres projets ont été retenus pour un financement mais avec un lancement plus tardif : l'étude de la chimie prébiotique sur Encelade et un atterrissage sur Vénus.
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