Une vue d’artiste de la drôle de structure en forme de sablier et des anneaux découverts par les astronomes de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa (États-Unis) à l’étoile mourante V Hydrae. © S. Dagnello (NRAO/AUI/NSF), Alma (ESO/NAOJ/NRAO)
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Les astronomes ont surpris une étoile mourante qui se comporte bizarrement

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Dans notre Univers, même les étoiles finissent par mourir. Et c'est le chant du cygne de l'une d'entre elles que des chercheurs ont eu le bonheur d'observer dernièrement. Une étoile qui tire sa révérence dans un spectacle étonnant, formant de drôles de structures autour d'elle.

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V Hydrae est de ces étoiles que les astronomes appellent des étoiles carbonées. Une étoile dite de la branche asymptotique des géantes (AGB). Une branche que finissent par rejoindre la quasi-totalité des étoiles de la séquence principale qui présentent une masse comparable ou allant jusqu'à 10 fois celle de notre Soleil. Elles sont réputées y vieillir lentement, pendant 100.000 ans ou plus. Éjectant plus de la moitié de leur masse. Et elles finissent par se transformer en nébuleuses planétaires.

V Hydrae se situe à environ 1.300 années-lumière de la Terre. Prise dans la constellation de l'Hydre sans réellement lui appartenir. Et si les astronomes s'intéressent tout particulièrement à elle, c'est parce qu'elle se comporte bizarrement. Ils lui ont déjà observé des éruptions de plasma qui se produisent environ tous les huit ans et demi. Peut-être le résultat d'une compagne presque invisible.

Aujourd'hui, nouvelle découverte concernant V Hydrae. Des chercheurs de l'université de Californie à Los Angeles (UCLA) et du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa (États-Unis) viennent de lui trouver six anneaux en expansion lente. Ainsi qu'une structure perpendiculaire et centrée sur l'étoile, en forme de sablier, éjectant de la matière dans l'espace à quelque 800.000 km/h. Comme un magnifique chant du cygne !

Avant de rendre son dernier souffle, l’étoile V Hydrae a offert aux astronomes un drôle de spectacle. Celui de la formation de six anneaux et d’une structure en forme de sablier. © S. Dagnello (NRAO/AUI/NSF), Alma (ESO/NAOJ/NRAO)

Un mécanisme qui reste à comprendre

Que V Hydrae se débarrasse de son atmosphère est tout à fait attendu. « Mais à notre grande surprise, nous avons constaté qu'elle expulse de la matière sous forme d'anneaux », commente Mark Morris, professeur à l'UCLA, dans un communiqué. Des anneaux qui semblent être soufflés vers l'extérieur toutes les quelques centaines d'années. Le tout sur un intervalle d'environ 2.100 ans. Grâce à un mécanisme encore inconnu et que les astronomes comptent bien étudier désormais de plus près.

De la chance de prendre V Hydrae sur le fait

Ces anneaux pourraient être liés à la présence en orbite autour de V Hydrae, d'une étoile compagne proche -- celle dont il était question plus haut -- et d'une hypothétique autre plus lointaine. Mais quoi qu'il en soit, les chercheurs estiment que ces travaux « révèlent de manière spectaculaire que le modèle classique de la mort des étoiles dans la phase AGB est, au mieux incomplet et au pire, incorrect »« V Hydrae semble dans une phase de transition critique que traversent les étoiles mourantes en toute fin de vie », précise Raghvendra Sahai, astronome au JPL, toujours dans le communiqué de l'UCLA. « La phase où elles perdent le plus de leur masse. Et il est probable que cette phase ne dure pas très longtemps. Nous avons eu de la chance de prendre V Hydrae sur le fait. »

D'autant plus de chance que les grandes quantités de poussières qui entourent l'étoile mourante n'ont pu être pénétrées que par Alma, le Grand réseau d'antennes millimétrique/submillimétrique de l'Atacama. Et ce sont ensuite des données infrarouges, optiques et ultraviolettes qui ont permis aux chercheurs d'obtenir une image remarquable de l'étonnant spectacle offert par V Hydrae. Un spectacle tel que notre Étoile, le Soleil pourrait lui aussi être un jour amené à produire.

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