Identifiés par la sonde Cassini en 2005, les panaches de glace d’eau éjectés par Encelade pourraient s’avérer bien plus puissants qu’on ne le supposait. La petite lune de Saturne cracherait ainsi quantité d’eau et de molécules organiques très loin dans l’espace. Un phénomène témoignant encore une fois de conditions d’habitabilité potentiellement favorables sous la surface gelée de cette lune.

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[EN VIDÉO] À la recherche de traces de vie sur Encelade Cette lune de Saturne abrite des océans souterrains permettant une possible forme de vie.

En orbite autour de Saturne, EnceladeEncelade fascine par ses étonnantes caractéristiques et le mystère qui se cache sous son épaisse croûtecroûte de glace. Car on suppose depuis longtemps maintenant que ce petit satellite de seulement 500 kilomètres de diamètre pourrait bien abriter un vaste océan d’eau liquide salée, avec, pourquoi pas, une vie extraterrestre. Car toutes les conditions semblent réunies : eau, présence de moléculesmolécules organiques et chaleurchaleur.

Encelade se dévoile un peu plus grâce aux nouvelles observations réalisées par le télescope James-Webb. © Nasa, Esa, JPL, SSI, Cassini Imaging Team
Encelade se dévoile un peu plus grâce aux nouvelles observations réalisées par le télescope James-Webb. © Nasa, Esa, JPL, SSI, Cassini Imaging Team

Tous les ingrédients nécessaires à la vie réunis sous la surface gelée

En 2005, la sonde Cassini faisait en effet une étonnante découverte lors de son survolsurvol du satellite de Saturne. Les immenses fissures parcourant la surface gelée de la petite lune éjectent en effet des particules de glace d'eau, produisant une neige venant se déposer en continu sur la croûte gelée d'une centaine de mètres d'épaisseur. En plus d'apporter la preuve qu'Encelade est en quelque sorte un « monde océan », cette observation montre que les entrailles de la lune sont soumises à une intense activité géothermique, source de chaleur. Ajoutez à cela la présence de molécules organiques (méthane, dioxyde de carbonedioxyde de carbone et ammoniac) dans les panaches d'eau éjectés et vous avez tous les ingrédients nécessaires au développement de la vie.

Ce schéma montre la dynamique qui pourrait alimenter l'océan caché d'Encelade. © Nasa, JPL-Caltech, <em>Southwest Research Institute</em>
Ce schéma montre la dynamique qui pourrait alimenter l'océan caché d'Encelade. © Nasa, JPL-Caltech, Southwest Research Institute

D’immenses geysers qui expulsent eau et molécules organiques dans l’espace

De nouvelles observations du JWSTJWST (James Webb Space Telescope) viennent désormais renforcer cette hypothèse. Elles montrent d'ailleurs que les panaches pourraient être bien plus puissants qu'on ne le pensait jusqu'à présent, crachant d'énormes quantités d'eau et de molécules organiques très loin dans l'espace. Si les dimensions de ces panaches n'ont pas été révélées lors de la conférence de presse donnée le 17 mai dernier, elles devraient bientôt paraître dans un article scientifique. Celui-ci devrait également faire le point sur les composés chimiques identifiés dans ces nuagesnuages de glace d'eau. Des résultats qui promettent donc d'être intéressants !

En attendant, les scientifiques programment les nouvelles séances d'observations grâce au JWST. L'objectif est désormais de détecter des composés chimiques associés à une activité biologique ou témoignant de conditions d'habitabilité favorables sous la couche de glace protectrice.