Lorsque la Lune s’éclipse, elle apparait généralement rougeoyante. Mais le 5 mai 1110, quelque chose s’est produit qui a fait totalement disparaître notre satellite naturel. Les chercheurs pensent aujourd’hui qu’une, voire plusieurs éruptions volcaniques avaient jeté un voile de poussière au-dessus des têtes de nos ancêtres.


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    L'histoire est racontée en vieil anglais dans des manuscrits médiévaux. Dans la nuit du 5 mai 1110, la Lune s'est éclipsée. Jusque là, rien d'extraordinaire. Sauf que cette fois, elle s'est « complètement éteinte ». Ne laissant même plus voir cette teinte rougeâtre qu'elle prend habituellement lors d'une éclipse de Lune. Des chercheurs de l’université de Genève (Suisse) expliquent aujourd'hui ce phénomène par une série d'éruptions volcaniqueséruptions volcaniques.

    Cette conclusion, ils la tirent de l'analyse de carottes glaciaires, réputées comme l'une des meilleures archives disponibles pour retracer ce type d'événements. Car lorsque les cendres retombent sur Terre, elles sont inévitablement emprisonnées dans la glace. Dans le cas présent, des carottescarottes du Groenland et de l'AntarctiqueAntarctique présentent des traces qui laissent penser qu'un grand volcanvolcan a pu entrer en éruption sous les tropiquestropiques vers 1108, faisant pleuvoir des aérosolsaérosols sur toute la planète pendant plusieurs années.

    Le mont Asama est l’un des plus actifs du Japon. Son éruption en 1108 a pu participer à faire totalement disparaître la Lune lors de l’éclipse du 5 mai 1110. © Toru Shimizu, Adobe Stock
    Le mont Asama est l’un des plus actifs du Japon. Son éruption en 1108 a pu participer à faire totalement disparaître la Lune lors de l’éclipse du 5 mai 1110. © Toru Shimizu, Adobe Stock

    Une ou plusieurs éruptions volcaniques

    Pour confirmer ces conclusions, les chercheurs se sont tournés vers... les arbresarbres ! Leurs anneaux, leurs cernes de croissance. Celles-ci permettent en effet de repérer les années fraiches, des années durant lesquelles les arbres poussent moins. Or en 1109, ils ont noté dans les anneaux des arbres, des signes qui pourraient correspondre à une baisse de température de 1 °C qui serait cohérente avec la présence à ce moment-là d'aérosols en suspension bloquant la lumière du Soleil. Des aérosols issus d'une éruption volcanique.

    Pour les chercheurs, le mont Asama (Japon) est un suspect probable. Les archives évoquent une éruption en 1108. Mais ses aérosols auraient eu bien de la peine à atteindre l'Antarctique. La circulation atmosphériquecirculation atmosphérique rendant difficile la traversée des tropiques pour des éruptions aux hautes latitudeslatitudes. De quoi suggérer qu'une autre éruption volcanique a dû se dérouler presque en simultanée, ailleurs sur le globe. Pour savoir où, les chercheurs devront analyser plus en détail les cendres volcaniques prises dans les glaces. Car leur signature géochimique est unique, caractéristique du volcan qui les a émises.