Pendant l'éclipse partielle du 21 février 2012, la Lune a brièvement masqué le groupe de taches solaires AR 1422, une occasion rare pour les scientifiques d'étudier la proportion des rayons UV émis par ces anomalies magnétiques. © Nasa/SDO

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Le satellite SDO observe une éclipse partielle de Soleil

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Le mardi 21 février, jour de carnaval, a été l'occasion pour le Soleil de se masquer en partie. Une éclipse partielle qu'on ne pouvait observer que de l'espace, ce que n'a pas manqué de faire SDO.

Les éclipses de Soleil ne sont observables qu'au moment de la Nouvelle Lune, seule période où la position des deux astres peut permettre leur alignement avec la Terre. Cet alignement n'est parfois pas tout à fait rigoureux et l'éclipse n'est alors pas visible depuis notre planète mais seulement depuis l'espace, situation que l'on rencontre également quand la Lune est à l'apogée au moment d'une éclipse : la Terre se trouve alors trop loin de la limite du cône d'ombre.

L'observation des éclipses depuis l'espace est d'un grand intérêt pour les scientifiques puisque les caméras des satellites échappent aux aléas météorologiques, mais encore faut-il que le satellite se trouve dans l'ombre de notre satellite naturel au moment du phénomène. Le 15 janvier 2010 le petit satellite européen Proba-2 avait déjà observé la plus longue éclipse annulaire du millénaire qu'on pouvait également suivre en Afrique. Sa caméra Swap (Sun Watcher using APS detectors and imaging processing) avait alors révélé en ultraviolet le bord du Soleil non éclipsé en pleine activité. Cette fois, c'est la sonde SDO (Solar Dynamics Observatory) qui a observé une éclipse partielle.

L'éclipse partielle de Soleil du 21 février 2012 photographiée par SDO en ultraviolet. © Nasa/SDO

Une rare occultation de taches solaires

Depuis février 2010 les astronomes ont à leur disposition un nouvel observatoire solaire, SDO, qui leur permet d'observer l'atmosphère de notre étoile dans un grand nombre de longueurs d'onde. Cette surveillance de la météo solaire est indispensable pour faire face aux éruptions dont les particules énergétiques ne produisent pas seulement de belles aurores boréales mais peuvent également mettre en danger les satellites ainsi que les astronautes lors de leurs sorties extravéhiculaires. En combinant les images prises par SDO (qui peut à l'occasion filmer une comète kamikaze) et celles des sondes Stereo, il est désormais possible de voir le Soleil en totalité.

Le 21 février, la Nouvelle Lune est donc passée en partie devant le Soleil, un spectacle que seul SDO pouvait apprécier depuis son altitude à 36.000 kilomètres au-dessus de nous. Grâce à sa caméra de 16 mégapixels capable de produire des images en haute définition de l'atmosphère solaire dans dix fréquences différentes de l'UV extrême, SDO a fourni des clichés très détaillés qui ont permis d'observer les irrégularités du bord lunaire avec ses creux (cratères) et ses bosses (montagnes) sur fond de plasma solaire. Pendant l'éclipse, la Lune a brièvement masqué le groupe de taches solaires AR 1422, une forte source d'émission de rayons ultraviolets dont les astronomes de la Nasa ont vu chuter l'intensité, une occasion rare de mesurer le taux d'émission d'un groupe de taches par rapport au reste de la surface du globe solaire. 

L'observation de cette éclipse de Soleil depuis l'espace a également été l'occasion pour les techniciens de recalibrer les instruments de la sonde en étudiant par exemple les effets de la diffraction de la lumière sur l'optique du télescope et les grilles de support des filtres.

Signalons que la prochaine éclipse de Soleil visible sur Terre sera annulaire et aura lieu le 20 mai 2012 au-dessus de la Chine, du Japon et de l'océan Pacifique nord avant de s'achever en Californie.           

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