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Pluton se dévoile...

ActualitéClassé sous :Astronomie , pluton , Constellation du Sagittaire

Comment repérer l'infime petit point de celle qui fut pendant 76 ans la neuvième planète du Système solaire au milieu du fourmillement d'étoiles de la Voie lactée ? En attendant qu'elle passe devant une nébuleuse sombre. Ce que fait Pluton en ce moment.

Dans ce nuage d'étoiles du Sagittaire, l'astrophotographe Ray Gralak a débusqué la modeste Pluton (indiquée par deux petits traits) alors qu'elle se trouvait devant la nébuleuse sombre Barnard 92. Crédit R. Gralak

Peu d'astronomes peuvent se targuer d'avoir observé Pluton, rétrogradée dans le clan des planètes naines depuis la fameuse réunion de l'Union Astronomique Internationale il y a 4 ans. Cet objet transneptunien ne brille jamais plus que la magnitude 13, ce qui nécessite au moins un télescope de 30 centimètres de diamètre pour le voir. Là encore, qu'on ne se fasse pas d'illusion : l'observateur ne découvrira qu'un point minuscule. Seul le lent déplacement de ce point au fil des semaines permettra de le distinguer des étoiles.

Il aura fallu toute l'acuité du télescope spatial Hubble pour déceler quelques détails à la surface de Pluton. Des détails changeant au fil des années, sans doute en raison de l'action du Soleil. Même à plus de 29 unités astronomiques, notre étoile est en effet capable de faire fondre les calottes polaires de la planète naine (composées de glaces de monoxyde de carbone). Au cours des 248 ans que met Pluton à parcourir son orbite, elle passe devant des régions très riches en étoiles, ce qui complique un peu plus son repérage. C'est le cas depuis quelques mois : la planète naine avance lentement devant la constellation du Sagittaire.

La cartographie de Pluton réalisée par le télescope spatial Hubble révèle des changements à la surface de la planète naine. Crédits : Nasa, Esa, M. Buie (Southwest Research Institute)

Un nuage sombre providentiel

Pour se rendre compte de la densité d'étoiles dans la Voie lactée, il suffit d'en regarder une image réalisée en haute altitude sous un ciel de très grande qualité. La richesse en étoiles y est phénoménale car ce que nous observons est tout simplement l'aspect de notre galaxie vue par la tranche. Quelques constellations se situent à cheval sur la Voie lactée : c'est le cas de celle d'Ophiuchus par exemple, mise récemment en valeur par l'astrophotographe Rogelio Bernal Andreo sous forme d'une mosaïque de 52 clichés. Le Sagittaire est une autre de ces constellations, et c'est là qu'il faut tenter de dénicher la faiblarde Pluton.

Par chance, il existe dans la Voie lactée un certain nombre de nébuleuses sombres, des régions où la concentration de poussières interstellaires masque les étoiles qui sont derrière. L'astronome américain Edward Emerson Barnard fut le premier à s'intéresser à l'aube du 20e siècle à ces taches d'encre comme il se plaisait à les nommer, allant jusqu'à les cataloguer. Dans les années 1940, l'astronome Bart Bok étudia ces nuages sombres et découvrit que la poussière et le gaz qui les composaient était en cours d'effondrement gravitationnel pour former des proto-étoiles. La plupart des 349 objets du catalogue de Barnard sont des globules de Bok.

L'astrophotographe américain Ray Gralak a donc attendu patiemment que la planète naine apparaisse devant la nébuleuse sombre Barnard 92 (B 92) pour l'immortaliser. L'image a été mise en vedette sur l'Apod (pour Astronomy Picture of the Day) il y a quelques jours. Il faudra attendre 2015 pour en savoir un peu plus sur Pluton que survolera alors la sonde américaine New Horizons.

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