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En image : NGC 3621, la galaxie sans bulbe

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L'ESO nous propose une nouvelle image de galaxie réalisée par l'un de ses télescopes chiliens. Particularité de cet univers-île, il s'agit d'un disque pur d'étoiles et de poussière sans aucun renflement au centre.

NGC 3621, une galaxie spirale à disque pur située dans la constellation de l'Hydre. © ESO/ J. De Pasquale

À force de découvertes et de simulations numériques, les astronomes ont maintenant une idée assez précise des différentes étapes qui conduisent à l'image que nous avons des galaxies spirales, un processus que les scientifiques surnomment la formation hiérarchique. Il semble en particulier que les collisions galactiques soient indispensables pour expliquer l'embonpoint et l'aspect final de ces regroupements stellaires. Comme ils l'ont montré avec la galaxie d'Andromède, seule la fusion de plusieurs galaxies est à même de produire un grand disque de gaz et d'étoiles pourvu d'un bulbe central massif, le tout accompagné de courants d'étoiles en périphérie.

À cela vient s'ajouter dans près de 70 % des cas une structure barrée formée d'ondes de densité issues de la gravitation en œuvre au sein du disque galactique. Il semble désormais également acquis que la fusion galactique ne crée pas que des galaxies spirales mais également des elliptiques. Les astronomes sont donc très intéressés par les étapes antérieures que représentent les galaxies qui n'ont pas encore fusionné entre elles, des galaxies à simple disque comme NGC 3621.

La caméra WFI (Wide Field Imager) équipe le télescope MGP/ESO de 2,2 mètres de l’observatoire de La Silla au Chili. © ESO

Une galette d'étoiles

NGC 3621 est une galaxie spirale de la constellation de l'Hydre située à 22 millions d'années-lumière de nous, une distance estimée avec précision en 1997 quand le télescope spatial Hubble en a étudié les céphéides, ces étoiles variables pulsantes qui permettent d'étalonner l'univers proche. Avec un diamètre apparent équivalent au tiers de celui de la Pleine Lune et une magnitude de 9, c'est un objet céleste accessible avec un télescope d'amateur de 20 centimètres de diamètre.

C'est une nouvelle fois la caméra grand champ qui équipe le télescope de 2,2 mètres de diamètre installé au Chili, le Wide Field Imager, qui a permis de photographier en détails cette galaxie. Avec un champ de 34 minutes d'arc, le WFI est régulièrement mis à contribution pour imager les objets célestes ayant une grande taille apparente, comme l'amas globulaire M 107 dans la constellation d'Ophiucus, ou encore Atoms-for-Peace, une collision galactique dans la constellation du Verseau. Outre ces céphéides, la galaxie à disque pur NGC 3621 présente également de traditionnels bras spiraux qui s'étendent sur environ 100.000 années-lumière de diamètre ainsi que des nébulosités roses, vastes nuages d'hydrogène ionisé par le rayonnement d'astres chauds.

Si l'image a été réalisée par l'ESO, son traitement est l'œuvre de Joe De Pasquale, un amateur qui a participé au concours « Les trésors cachés de l'ESO » et a obtenu la cinquième place pour sa mise en valeur de la galaxie.

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