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En image : la grande comète Hale-Bopp passait il y a 15 ans

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Les astronomes l'ont surnommée « la grande comète de 1997 ». Ceux qui observaient déjà le ciel à cette époque se souviennent quinze ans après du spectacle merveilleux que nous offrit cette belle voyageuse.

La comète Hale-Bopp était tellement brillante qu'on pouvait l'admirer en pleine ville comme ici au-dessus de New York le 8 avril 1997. © J. Sivo
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L'histoire de la comète Hale-Bopp commence sur le sol américain le 23 juillet 1995. Cette nuit-là comme d'habitude, l'astronome amateur américain Alan Hale a sorti son télescope devant sa maison située sous le ciel pur du Nouveau-Mexique. Ce passionné de comètes passe la majeure partie de son temps à rechercher (sans succès jusqu'alors) de nouveaux astres chevelus.

Il a choisi de quadriller méthodiquement la constellation du Sagittaire (où se niche la célèbre nébuleuse de la Lagune) lorsqu'il remarque une tache diffuse à proximité de l'amas globulaire Messier 70. Au même moment, dans l'État voisin de l'Arizona, Thomas Bopp qui observe avec des amis fait la même découverte. Ne trouvant rien qui corresponde à cette tache sur leurs cartes du ciel, Alan Hale et Thomas Bopp (qui ne se connaissent pas encore) envoient chacun un message à l'astronome Brian Marsden, chargé de centraliser les découvertes astronomiques au sein du Minor Planet Center. Quelques heures plus tard la circulaire 6187 de l'Union astronomique internationale confirme la découverte de la comète C/1995 O1 qui prend le nom de comète Hale-Bopp.

La comète Hale-Bopp au printemps 1997. © S. Pershon

À plus de 6 unités astronomiques (UA) de la Terre et 7 UA du Soleil, Hale-Bopp est déjà une comète très active de magnitude 10. En octobre 1995 les mesures effectuées à l'aide du télescope Hubble permettent d'estimer le diamètre de son noyau à une quarantaine de kilomètres de diamètre, ce qui en fait l'une des plus grosses comètes connues.

Le passage au plus près de la Terre en mars 1997 s'annonce donc prometteur mais les astronomes préfèrent rester prudents, la prévision d'éclat des astres chevelus étant un art difficile.

La comète Hale-Bopp photographiée le 8 mars 1997 avec un télescope de 20 centimètres de diamètre déploie ses queues de gaz (bleue) et de poussière. © D. Schechter

Hale-Bopp, la comète des records

Dans les mois qui suivent sa découverte, la comète Hale-Bopp continue de s'approcher et de dégazer copieusement sous la surveillance des lunettes et télescopes terrestres. Pourtant on l'oublie presque pendant les premiers mois de l'année 1996 quand tous les regards se tournent vers Hyakutake, une autre comète découverte par un astronome amateur japonais qui passe en trombe au mois de mars à seulement 15 millions de kilomètres de la Terre, déployant sur le ciel une queue de plasma qui s'étend sur 70 degrés de longueur apparente. Hyakutake partie, les astronomes repointent leurs instruments sur C/1995 O1.

À partir du mois d'août 1996, Hale-Bopp se trouve à 3 UA de la Terre. Le diamètre de sa chevelure est estimé à 1 million de kilomètres et la longueur de sa queue à 10 millions de kilomètres.

La comète Hale-Bopp depuis la campagne bourguignonne au printemps 1997. © J.-B. Feldmann

La comète devient visible à l'œil nu (magnitude 4) à partir du mois de décembre mais le spectacle débute vraiment en février 1997 quand la comète s'est élevée au-dessus de l'horizon. On peut alors l'admirer après le coucher du Soleil et les photographies révèlent une queue de plasma de 7 degrés de longueur apparente. À la mi-mars la tête de la comète affiche une magnitude de -1 et les deux queues (celle de poussière et celle de plasma) sont parfaitement visibles sans instrument. Ni la présence de la Lune ni la pollution lumineuse n'empêchent d'observer la comète qui est même photographiée depuis le centre de Paris et de New York ! La comète qui passe au plus près de la Terre le 23 mars à 1,3 UA conserve une magnitude négative jusqu'à la fin du mois d'avril puis elle glisse peu à peu dans le ciel de l'hémisphère sud où l'on pourra encore l'observer à l'œil nu jusqu'à la fin de l'année 1997, donnant à C/1995 O1 le record absolu de visibilité sans instrument (supérieure à un an).

De ce fabuleux passage, il reste quelques avancées scientifiques importantes comme la détection d'émission de rayons X émis par la comète et la découverte d'une troisième queue constituée de sodium à l'état neutre. Pour les astronomes, aucune comète n'a depuis égalé les performances de Hale-Bopp, malgré les passages remarqués des comètes Mc Naught en 2007 et Lovejoy fin 2011.    

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