Au décollage, la version améliorée du Falcon 9 de base. Avec neuf moteurs Merlin 1D, ce lanceur est, en théorie et selon le lieu de lancement, conçu pour mettre 13 tonnes en orbite basse et jusqu’à 4,8 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. © SpaceX

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Lancement à haut risque du satellite SES-8 pour SpaceX

ActualitéClassé sous :Astronautique , SpaceX , satellite de télécommunications

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(MAJ) Le tir a été reporté au jeudi 28, à 17 h 38 en heure locale de Floride, soit 23 h 38 en heure française.

-----------------Article initial paru le 25 / 11 / 2013 à 16 h 29

SpaceX est au pied du mur. Pour la première fois, la société privée créée par Elon Musk doit lancer aujourd'hui un satellite en orbite géostationnaire. Nul doute que ce tir sera très suivi. Une totale réussite signerait l'arrivée de l'industrie privée sur ce type de lancement, de quoi engendrer une nouvelle concurrence et tirer les prix vers le bas.

Moins de deux mois après le vol d'essai de la version améliorée du Falcon 9, dénommée Falcon 9 v1.1, SpaceX s'apprête à réaliser son premier lancement sur une orbite de transfert géostationnaire (GTO). Si les conditions météorologiques et techniques sont réunies, un lanceur Falcon 9 amélioré doit décoller du pas de tir SLC 41 de Cap Canaveral et mettre sur une orbite GTO le satellite SES-8 pour le compte de l'opérateur luxembourgeois SES. Le tir est prévu à l'intérieur d'une fenêtre de lancement s'ouvrant ce soir à 23 h 37 (heure métropolitaine) et se refermant à 0 h 43.

Ce lancement était soumis à la résolution d'un problème survenu lors du vol d'essai de ce lanceur. Il faut savoir que pour atteindre le point de transfert en orbite géostationnaire, Falcon 9 doit être capable de rallumer deux fois son étage supérieur. Or, cette capacité n'a pas pu être démontrée lors du vol d'essai. L'incertitude née de ce problème de rallumage a été levée dès que SpaceX a rendu publiques les conclusions de son enquête et trouvé le moyen de remédier à cette panne, survenue en raison d'un défaut d'isolation.

Le vol inaugural du Falcon 9 v1.1 en septembre 2013 a lancé le satellite canadien Cassiope d'étude de l'environnement spatial et trois charges utiles secondaires. © SpaceX

Les explications fournies par SpaceX et la solution mise en œuvre pour régler le problème ont donc convaincu SES d'autoriser le lancement et rassurer le pool d'assureurs de l'opérateur. Il faut savoir que le satellite SES-8 est assuré à hauteur de 200 millions d'euros et que pour ce lancement, SES a versé une prime de 24 millions de dollars (17,7 millions d'euros) pour couvrir le tir et la première année en orbite.

Deux satellites à lancer avant la fin de l’année

D'une masse au lancement d'environ 3,2 tonnes, SES-8 est construit autour de la plateforme Star 2.4 d'Orbital Sciences. Il comprend jusqu'à 33 répéteurs en bande Ku (équivalant à 36 MHz). SES-8 sera copositionné avec le satellite NSS-6 sur la position orbitale de 95° E. Depuis cette position, il offrira des services de communications au-dessus de la zone Asie-Pacifique. Ce satellite est prévu pour fonctionner pendant au moins 15 ans. Si le lancement et la mise à poste se soldent par un succès, SpaceX devrait pouvoir lancer le satellite Thaicom 6 avant la fin de l'année.

Ce succès signerait surtout l'entrée de SpaceX sur le marché très convoité du lancement de satellites en orbite géostationnaire, actuellement dominé par Arianespace avec son lanceur Ariane 5 ECA. Enfin, présenter le Falcon 9 v1.1 comme un concurrent d'Ariane 5 revient à aller un peu vite en besogne. Compte tenu de ses performances et de sa base de lancement, ce lanceur privé est avant tout un concurrent du Soyouz exploité depuis la Guyane. En clair, sur le créneau des satellites de 3 à 3,5 tonnes de masse au lancement.

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