Retiré du service, le lanceur Falcon 9 de base sera remplacé par une version améliorée aux performances légèrement supérieures. Son premier vol d'essai est prévu le 5 septembre depuis le nouveau pas de tir de SpaceX, à la base de l'US Air Force de Vandenberg. © SpaceX

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Premier contrat avec un gouvernement européen pour SpaceX

ActualitéClassé sous :Astronautique , accès à l'espace , privatisation de l'espace

La constellation allemande de trois satellites de reconnaissance radar Sarah sera lancée par la société américaine SpaceX, et non par Arianespace ! Ce contrat est le premier signé entre SpaceX et un gouvernement européen.

SpaceX vient de signer un nouveau contrat de lancement de satellites, mais pour la première fois, il s'agit d'un client institutionnel européen. C'est d'autant plus surprenant que l'Europe, avec Soyouz ST, Vega et Ariane 5, s'est dotée d'une gamme de lanceurs qui lui permet de répondre à tous les besoins, quelles que soient les missions (orbite et inclinaison) et la taille des satellites à lancer.

Sans surprise, c'est le prix qui a fait la différence. Ce contrat porte sur la mise en orbite d'une petite constellation de trois satellites radar pour le compte des forces armées allemandes. Sarah, c'est son nom, comprendra un satellite radar actif d'Astrium, et deux satellites radar passifs à synthèse d'ouverture développés par OHB-System. Cette constellation remplacera les cinq satellites SAR-Lupe lancés entre 2006 et 2008.

Nouvelle version du Falcon 9 pour lancer la constellation Sarah

Ces trois satellites Sarah seront lancés en 2018 et 2019 par la version 1.1 du Falcon 9. Cette version améliorée se caractérise par un nouveau bâti pour le moteur du premier étage et des réservoirs allongés. Son premier vol est prévu le 5 septembre avec le lancement du satellite canadien Cassiope. Elle remplacera la version 1.0 du Falcon 9 qui, après cinq lancements, dont trois capsules Dragon à destination de l'ISS, a été retirée du service.

Avec un carnet de commandes d'une cinquantaine de satellites, SpaceX compte parmi ses clients l'Allemagne, l'Argentine, le Canada, les États-Unis, Taïwan, la Thaïlande et plusieurs opérateurs de satellites de télécommunications, dont Iridium, Intelsat, Orbcomm, SES, ou encore Asia Satellite Telecommunications et la société israélienne Space Communication.

Vue du site de lancement des navettes du centre spatial Kennedy, avec les pas de tir 39A en haut et 39B en bas. © Nasa

Jusqu'à quatre sites de lancement pour SpaceX

Aujourd'hui, SpaceX fait décoller ses lanceurs depuis la base de Cap Canaveral, en Floride. À l'avenir, la société prévoit d'utiliser trois autres sites de lancement, dont un sur la base de l'US Air Force à Vandenberg, qui sera inauguré le 5 septembre avec le vol de la nouvelle version du Falcon 9.

SpaceX est également en compétition avec Blue Origin pour acquérir le contrat de maintenance et d'exploitation d'une des deux aires de lancement utilisées par les navettes du centre spatial Kennedy de la Nasa. L'agence américaine, qui modernise actuellement l'aire de lancement 39B pour l'adapter au lancement de la capsule Orion-MPCV, n'a plus besoin du second pas de tir, le 39A. Au lieu de le détruire, elle préfère le louer à une entreprise privée, pour relancer les activités du centre spatial Kennedy, en berne depuis l'arrêt des navettes. Seule condition : l'entreprise signataire du contrat doit assumer la responsabilité financière et technique des opérations, ainsi que la gestion des infrastructures au sol attenantes au pas de tir.

Si elle remporte ce contrat, la société SpaceX fera de ce site sa base de lancement pour sa capsule Dragon, dédiée à l'acheminement de fret et au transport d'astronautes vers la Station spatiale internationale. Elle l'utilisera également pour lancer des satellites si nécessaire.

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