La capsule Dragon installée sur son lanceur. Avec ses 6 tonnes, ses 5,9 mètres de hauteur et ses 3,6 mètres de diamètre, elle doit s'amarrer à la Station spatiale internationale, capturée par le bras robotique de l'ISS. © Nasa

Sciences

La capsule Dragon de SpaceX doit enfin être lancée samedi

ActualitéClassé sous :Astronautique , SpaceX , Elon Musk

Cette fois-ci, tous les voyants sont au vert. Après de nombreux reports, SpaceX est prête pour son vol historique à destination de la Station spatiale internationale. Ce premier lancement privé d'un cargo spatial est un pari sur l'avenir. Il montre que la privatisation de l'espace est possible avec à la clé une réduction du coût de l'accès à l'espace.

Après plusieurs reports depuis le mois de février, le lanceur Falcon-9 et la capsule Dragon seront lancés demain. Si les conditions météorologiques le permettent, le lanceur décollera de Cap Canaveral en fin de matinée. Comme tout lancement à destination de l'ISS, il se fera à heure fixe. Autrement dit, si le lanceur ne décolle pas à l'heure prévue, le lancement sera reporté. Dans ce cas, une nouvelle tentative sera possible le 22 mai.

L'amarrage de la capsule Dragon à la Station spatiale est prévu le 22 mai, au terme d'une série de plusieurs tentatives d'approche, de façon à s'assurer que la capsule Dragon pourra effectuer cette manœuvre sans coup férir. Pour s'amarrer, la capsule sera capturée par le bras robotique de l'ISS, piloté par deux astronautes.

Pour SpaceX et la Nasa, ce vol de démonstration doit démontrer que le système Falcon-9/Dragon peut ravitailler l'ISS en respectant toutes les procédures et règles de sécurité d'amarrage mises en place par les partenaires de la Station.

Le lanceur Falcon-9 qui sera utilisé pour lancer la capsule Dragon. Ici lors de la dernière simulation de lancement avec l'allumage des neuf moteurs de son premier étage (30 avril 2012). © Nasa/SpaceX

Si le vol de démonstration de Dragon est un succès, Elon Musk, le P-DG de SpaceX, a précisé qu'il effectuera la première mission de livraison de fret dès cet été sur les 12 vols de ravitaillement que lui a commandés la Nasa pour un total de 1,6 milliard de dollars. Dans le cas d'un échec, SpaceX et la Nasa recommenceront.

La privatisation de l'espace en toile de fond

En préparation depuis fin 2010, la réussite de ce premier amarrage à l'ISS d'un système de transport spatial privé doit également prouver que la stratégie de la Nasa est la bonne. Après l'annulation du programme Constellation de retour sur la Lune et l'arrêt de celui des navettes, l'Agence spatiale américaine a opté pour la privatisation de l'accès à l'orbite basse pour le fret mais également le transport d'astronautes, gardant pour elle le développement d'un lanceur lourd et d'un véhicule d’exploration spatiale.

La Nasa encourage donc des sociétés privées à investir massivement dans le développement de technologies liées au transport spatial, quitte à perdre de sa superbe, dans le but de faciliter et d'amoindrir les coûts de circulation autour de la Terre. Certains politiciens américains dénoncent cependant cette stratégie, pointant les retards, les surcoûts et le transfert de compétence.

Le pari de la réduction du coût de l’accès à l’espace

Cette idée de faire baisser les coûts de l'accès à l’espace est un véritable serpent de mer. Si certains doutent de sa faisabilité, des entrepreneurs privés, tels que ceux que la Nasa soutient dans ses partenariats public-privé pour le fret (Cots) ou le vol habité (CCDev), font le pari d'une réussite, liée en partie au fait qu'une maîtrise des coûts est également positive pour ces investisseurs (qui investissent leur propre argent).

C'est ce qu'a démontré une étude portant sur le coût du développement du lanceur Falcon-9 de SpaceX. L'approche contractuelle de la Nasa montre que le coût de ce lanceur aurait été de quelque 4 milliards de dollars. L'étude estime que SpaceX dans le cadre de Cots a pu le faire pour seulement 1,7 milliard de dollars.

En comparaison, les agences spatiales, qui n'ont de compte à rendre qu'a leur seul gouvernement, n'ont pas les mêmes priorités. Leur mode de fonctionnement administratif, qui induit une certaine lourdeur dans les décisions et la réalisation des tâches, et la politique de distribution du travail qui répond plus à des critères politiques qu'industriels, font que cinquante ans après le début de la conquête de l’espace, aller dans l'espace est toujours aussi onéreux.

Cela vous intéressera aussi