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Astrium construira-t-il un atterrisseur lunaire ?

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Dans son point de presse de début d'année, l'entreprise européenne Astrium, le constructeur d'Ariane, expose des activités en hausse et prévoit des développements ambitieux, comme un avion spatial et un atterrisseur lunaire issu de l'expérience ATV.

Troisième entreprise mondiale du spatial, Astrium, constructeur d'Ariane 5, ambitionne également de jouer un rôle dans le tourisme spatial. © Astrium

Malgré un contexte économique défavorable, Astrium affirme garder le moral avec, d'ailleurs, un chiffre d'affaires en hausse de 4 %. La firme a livré dix satellites et six Ariane 5 ont été lancées avec succès, dont trois en deux mois. Sur le plan militaire, les missiles nucléaires M51 du sous-marin Le Terrible ont été livrés. Sur le front des commandes, des contrats pour neuf satellites ont été signés : trois de télécommunications et six d'observation de la Terre dont deux satellites militaires destinés à succéder aux actuels satellites Helios et VNREDSat-1 pour le compte de la Vietnam Academy of Science and Technology

En 2011, Astrium doit clore le financement d'Ariane 5ME (estimé à quelque 1,5 milliard d'euros). Ce lanceur pourrait voler en 2016 avec des performances supérieures de 1 à 1,5 tonne à l'actuelle Ariane 5 ECA capable de lancer un peu moins de 10 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. Bien qu'il soit soutenu par la France et l''Allemagne, il n'est pas certain que ce lanceur réponde à un réel besoin, si ce n'est pour l'Europe de se doter d'un étage supérieur capable de multiples réallumages. Enfin, l'entreprise espère bien décrocher la deuxième tranche de quatorze satellites Galileo, alors qu'elle avait raté la première, au profit de l'allemand OHB Technology allié au britannique Surrey Satellite Technology Ltd (SSTL).

Vers un atterrisseur lunaire européen ?

En recherche et développement, Astrium veut capitaliser sur les technologies développées pour le programme ATV, vaisseau automatique le plus sophistiqué jamais construit en Europe qui répond à des exigences et des critères de sécurité imposés aux seuls vols habités. Une initiative qui pourrait déboucher sur un atterrisseur lunaire. L'Agence spatiale européenne a confié à l'industriel un contrat portant sur la démonstration d'un atterrissage de précision, avec évitement d'obstacle.

Une telle manœuvre n'a jamais été tentée par l'Esa. C'est tout de même ce qu'a réussi l'ATV en orbite terrestre, en utilisant des capteurs optiques et un système de navigation optique basé sur la technologie de vidéomètres développée en Europe. Ces technologies seront adaptées à l'atterrisseur lunaire de façon à réaliser un système capable d'assurer un atterrissage automatique alliant douceur et précision.

Enfin, bien qu'il soit en attente de jours financièrement meilleurs, le projet d’avion spatial n'est pas abandonné. Une petite équipe continue de travailler sur ce projet touristique qui pourrait évoluer vers des applications militaires, notamment pour le lancement de petites charges, voire le transport stratosphérique de passagers d'un point à un autre. La recherche de capitaux est toujours en cours. De bonnes nouvelles pourraient venir de pays du Sud-Est asiatique.

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