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Vers une aviation plus respectueuse de l'environnement

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Alors que le Salon du Bourget savoure son succès auprès du public et des professionnels, la question d'une aviation plus propre se fait de plus en plus présente. Biocarburants, matériaux composites plus légers, avion hypersonique, les projets se multiplient et préfigurent un futur dédié à la préservation de l'environnement. 

Solar Impulse, l'avion à énergie solaire. © AFP Photo/Fabrice Coffrini

L'idée d'avion « vert » peut se concrétiser, notamment parce que les compagnies aériennes cherchent par tous les moyens à dépenser moins en carburant, mais il faut encore quelques ruptures technologiques pour y parvenir.

L'avion solaire expérimental Solar Impulse est l'invité d'honneur de ce 49e Salon de l'aéronautique du Bourget, près de Paris. Même s'il n'est pas destiné à une application commerciale (il faut 64 mètres d'ailes de panneaux photovoltaïques pour transporter une personne) sa seule présence pose la question de la possibilité de réaliser un jour un appareil écologiquement compatible.

Les constructeurs eux ne semblent pas en douter. EADS, le grand groupe aéronautique européen, a dévoilé ce weekend le Zehst, Zero Emission High Speed Transport, un avion hypersonique capable de relier Paris à Tokyo en 2 h 30 sans polluer en passant par la stratosphère avec des moteurs de type fusée. Un projet digne de la science-fiction qui pourrait voir le jour en 2050 selon EADS. Mais d'ici là, que faire ?

Le Zehst, en volant dans la stratosphère, relierait Paris à Tokyo en 2 h 30, et sans pollution ! © EADS

Les prochains défis de l'aviation

Il faut améliorer les moteurs et réduire le poids des avions afin qu'ils consomment moins de kérosène, il est aussi nécessaire de parfaire l'aérodynamique et de développer les biocarburants, énumère Jacques Gatard, directeur aéronautique de l'Onera, le Centre français de la recherche aérospatiale.

Le secteur doit aussi plancher sur la qualité de l'air autour des aéroports, mieux recycler les appareils et surtout réduire la pollution sonore car un avion est « vert » si son environnement l'est aussi, ajoute M. Gatard dans un entretien à l'AFP.

Sur le bruit, les constructeurs ont déjà fait d'énormes progrès : « la pollution sonore émise par les avions a baissé de 20 décibels en trente ans », selon le spécialiste qui cite notamment l'A380, le plus gros avion du marché, que le public entend à peine lors de ses démonstrations en vol au Bourget.

Concernant le moteur et le poids, les constructeurs y travaillent. Boeing et Airbus vont lancer des avions en partie fabriqués à partir de matériaux composites plus légers comme l'A350 ou le 787 dit Dreamliner. L'avionneur européen a aussi doté de nouveaux moteurs son moyen-courrier, qui doivent permettre d'économiser près de 15 % de kérosène par vol. Des produits qui séduisent les compagnies aériennes: l'A320 Neo est l'avion qui se vend le mieux au Bourget. « Dans le secteur aérien, si vous voulez faire de l'argent, vous devez consommer le moins possible » de carburant, a expliqué à l'AFP Temel Kotil, P-DG de Turkish Airlines.

Le 787 Dreamliner, conçu avec des matériaux composites plus légers, pour une diminution de la consommation de carburant. © Boeing

Les biocarburants, solution d'une aviation écolo ?

La compétitivité des compagnies aériennes et l'environnement sont donc compatibles. Pour ces mêmes raisons, et parce que le pétrole se raréfie, le secteur songe aux biocarburants.

Mercredi, la Commission européenne, Airbus, des grandes compagnies aériennes européennes dont Air France-KLM, et des producteurs de biocarburants ont annoncé avoir uni leurs forces pour réussir à produire 2 millions de tonnes de biocarburant pour l'aviation d'ici 2020. Néanmoins, 2 millions de tonnes représentent seulement 3 % de la consommation totale de kérosène par an, selon l'Onera.

« Les technologies arrivent à leurs limites et il faut des ruptures technologiques » pour parvenir à l'avion « vert », a souligné Jacques Gatard. « Ce qui est certain c'est que pour l'instant, la recherche reste sur des petits modèles. L'application pour des gros porteurs ne sera possible que beaucoup plus tard », reconnaît Jean Botti, directeur général délégué Technologie et innovation chez EADS.

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