Les saletés que vous laissez sur votre portable peuvent permettre d’en savoir beaucoup sur votre alimentation, votre santé, les lieux que vous fréquentez ou les produits d’hygiène que vous utilisez. Bactéries et produits chimiques constituent une mine d’informations sur votre vie quotidienne.
Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Police scientifique : comment les empreintes digitales trahissent les criminels Lors d’une enquête criminelle, il faut savoir tirer parti des informations laissées par le malfaiteur sur les lieux. Les traces digitales sont l'un des indices pouvant permettre de trouver un suspect. Nicolas Thiburce, chef du département Empreintes digitales de la Gendarmerie nationale, nous explique au cours de cette vidéo produite par la Cité des Sciences et de l’Industrie, comment prélever ces traces.

Imaginez un portable récupéré sur une scène de crime : les enquêteurs, en plus de lire les messages, peuvent y récupérer des empreintes digitalesempreintes digitales ou des traces d’ADN pour identifier son propriétaire. Mais ce n'est pas tout : le portable garde une mémoire biologique et chimique des activités passées.

Dans une étude parue dans Pnas, des chercheurs de l'université de Californie à San Diego ont étudié les résidus trouvés sur des téléphones de 39 volontaires. L'équipe a analysé les traces de produits chimiques grâce à la spectrométrie de massespectrométrie de masse et les ont comparées à une base de donnéesbase de données de moléculesmolécules.

Les chercheurs ont ainsi détecté des médicaments (traitements contre la perte de cheveux, antidépresseursantidépresseurs, crèmes anti-fongiques, anti-inflammatoiresanti-inflammatoires), des aliments (herbes aromatiquesaromatiques, épices, caféinecaféine), des écrans solaires ou des répulsifs anti-moustiques, même des mois après leur utilisation. Il était possible de savoir si le propriétaire d'un téléphone était une femme, utilisait des cosmétiques, teignait ses cheveux, buvait du café, préférait la bière ou le vin, aimait manger épicé, était dépressif...

Des bactéries restent sur le portable après l’envoi d’un SMS

En 2013, des étudiants de l'université du Surrey se sont intéressés aux bactériesbactéries présentes sur les téléphones, dans le cadre de leur enseignement de bactériologie. Ils ont mis en culture sur une boîte de Pétri les micro-organismesmicro-organismes qu'ils pouvaient récupérer sur leurs portables.

Ils ont pu mettre en évidence des bactéries pouvant causer des maladies (Staphylococcus aureus) : le staphylocoque présent dans les narinesnarines peut se retrouver sur un téléphone si vous vous grattez le neznez puis envoyez un SMSSMS. La bactérie du sol Bacillus mycoides se développait aussi sur les boîtes de Petri, ce qui montrait que le propriétaire du portable avait été en contact avec le sol.