Bocal mal lavé, nouvelle bactérie observée

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Certaines découvertes scientifiques sont le fruit du hasard. Après avoir effectué des expériences avec une forme de craie de manganèse, Jared Leadbetter laissa un bocal sale tremper dans de l'eau. Puis, partit plusieurs mois... À son retour, un matériau sombre recouvrait le pot. Immédiatement, une idée traversa son esprit : et si ce matériau provenait de ces fameuses bactéries, celles qui oxydent le manganèse pour générer de l'énergie et croître, mais dont personne n'a encore pu prouver l'existence ?

Dans le mile ! Il s'agissait effectivement de manganèse oxydé, produit par ces bactéries jusqu'alors introuvables. En collaborant avec Hang Yu, le chercheur a pu décrire leur métabolisme dans une étude parue dans Nature. « Ce sont les premières bactéries [connues, ndlr] qui utilisent le manganèse comme source d'énergie », s'extasie Jared Leadbetter. Grâce à cette énergie, elles peuvent notamment pratiquer la chimiosynthèse, soit la conversion de molécules carbonées - en l'occurrence du CO2 - en biomasse.

« Il existe toute une série de documents en ingénierie de l'environnement sur les systèmes de distribution d'eau potable, obstrués par des oxydes de manganèse », explique Jared Leadbetter. Certains considéraient que des bactéries consommatrices de manganèse pouvaient en être la cause. Désormais, des preuves appuient cette hypothèse.

Ces nodules d'oxyde de manganèse ont été produits par cette nouvelle bactérie. Généralement compris entre 0,1 et 0,5 millimètre de diamètre, nous les voyons ici au travers d'une micrographie électronique à balayage, avec une fausse colorisation. © Hang Yu, Caltech