Si une grossesse tardive peut sembler risquée, elle augmenterait l'espérance de vie des mères. © neramit, Fotolia

Santé

Grossesse tardive : risques et avantages

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Dans les pays industrialisés, les femmes ont leur premier enfant de plus en plus tard. Si les risques pour la santé existent, devenir mère à un âge plus avancé présente aussi des avantages.

En France, en 2016, l'âge moyen des mamans était de 30 ans et demi à la naissance de leur enfant, d'après l'Ined. En 2015, un enfant sur 20 avait une mère âgée de plus de 40 ans à sa naissance. Le point sur les avantages et les inconvénients de ces grossesses tardives.

Les avantages d’une grossesse tardive

De plus en plus d'études suggèrent des bénéfices des grossesses tardives, pour la mère comme pour l'enfant :

  • Concernant le développement des enfants :

    • une étude portant sur 4.741 mères danoises parue dans The European Journal of Developmental Psychology a suivi des mères et leurs enfants quand ils avaient 7, 11 et 15 ans. Les enfants des mères plus âgées avaient moins de problèmes comportementaux, sociaux ou émotionnels. De plus, ces dernières utilisaient moins de sanctions physiques et verbales envers leurs enfants à 7 et à 11 ans.

    • Une autre étude parue dans Population and Developmental Review suggère que les enfants de mères plus âgées sont en meilleure forme physique, réussissent mieux à l'école et sont plus grands en taille. Cependant, le lien de cause à effet n'est pas prouvé.

  • Concernant la longévité des mères : une étude a montré que les femmes ayant eu un enfant après l'âge de 33 ans avaient deux fois plus de chances de vivre jusqu'à 95 ans par rapport à celles qui avaient eu leur dernier enfant avant 29 ans. Ces effets pourraient être liés au fait que les femmes ayant une meilleure santé financière sont plus susceptibles d'avoir des enfants plus tard et de meilleurs revenus peuvent être synonymes d'une meilleure alimentation.

Complications d'une grossesse tardive

Au-delà de 40 ans, les complications liées à la grossesse sont en effet plus fréquentes. C'est à partir de cet âge que les spécialistes parlent de grossesse tardive. Et dans leur esprit, ce qualificatif est bien souvent synonyme de risque.

Tout d'abord, l'incidence des fausses couches précoces augmente avec l'âge : elle est de 33,8 % à 40 ans, contre 11,7 % à 30 et à 34 ans. Le risque d'anomalie chromosomique s'élève également : il passe ainsi de 1,6 % à 38 ans à 2,2 % à 40 ans, puis à 4 % à 42 ans.

Dans plusieurs cas de grossesse tardive, la future maman est également exposée à tout un ensemble de complications spécifiques : diabète gestationnel, hypertension artérielle, dysfonctionnements thyroïdiens, troubles cardiaques, métrorragies (des hémorragies d'origine utérine) lors du troisième trimestre.

Malgré les progrès récents dans la prise en charge obstétricale, la proportion d'enfants mort-nés augmente aussi avec l'âge de la mère : elle est de 0,8 % à 30-34 ans, de 1,6 % à 40-44 ans et passe à 4,1 % à partir de 45 ans. Le risque de mettre au monde un enfant prématuré est aussi plus élevé à 40 ans qu'à 30 ans.

Au-delà des dangers pour la santé de la mère (ou de l'enfant), le risque majeur serait finalement... de ne pas avoir d'enfant : en effet, seulement un tiers des femmes de 40 ans qui souhaitent enfanter y parviennent. Alors que le succès est au rendez-vous pour 94 % des femmes de 30 ans. Comme le souligne le docteur Joëlle Belaisch-Allart, qui appartient au Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), « l'objectif n'est pas de culpabiliser les femmes, mais de les informer des risques ».

Source : interview du docteur Joëlle Belaisch-Allart (Sèvres).

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