La chevelure, source de vanités, objet de désir, est un sujet de conversation fréquent. C'est à qui aura les meilleures recettes pour en prendre soin, ou le secret le mieux gardé pour les sublimer. On en a un pour vous : les cheveux pousseraient plus vite en été. Alors : info ou intox ?


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    « Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve »... proclame Baudelaire dans son poème qui rend hommage à un atour que beaucoup entretiennent avec soin : leur chevelure. Signe de bonne santé, indice d'une vie saine, atout séduction... un business extrêmement lucratif s'est construit autour du cheveu que l'on exige - surtout chez les femmes - épais, brillant, doux... et long. Pas étonnant, donc, que le marché soit florissant, débordant de miracles en flacons, d'astuces de grand-mères et d'a priori. En voici un exemple : les cheveux pousseraient plus vite en été. Est-ce bien vrai ? En l'occurrence, oui ! Et voici pourquoi. 

    Le cheveu à la loupe

    Regardons d'abord à la loupe un seul cheveu. Il mesure en moyenne 80 micronsmicrons d'épaisseur, et se décompose comme suit : la tige, entourée d'écailles disposées comme des tuilestuiles et formant le folliculefollicule pileux. Tous deux sont composés à 95 % de kératine. La kératine ? Une moléculemolécule dure et fibreusefibreuse constituée d'acides aminés qui donne sa cohésion au cheveu. Celui-ci est solidement planté dans l'hypoderme de notre crâne grâce à son bulbe. Ce bulbe est alimenté par de multiples vaisseaux sanguins qui viennent lui livrer du sang chargé des vitamines, minérauxminéraux et oligo-élémentsoligo-éléments dont il a besoin pour la production de kératine et le bon déroulé des phases de son cycle de vie. On en compte trois : la phase anagène qui dure, selon le sexe, deux à sept ans durant lesquels les cellules de la racine se divisent rapidement, faisant pousser le cheveu. Vient ensuite la phase catagène : le bulbe se raccourcit et le cheveu cesse de pousser pendant deux à trois semaines. Enfin, pendant la phase télogène, le bulbe continue sa décroissance jusqu'à ce que le cheveu chute.

    Image du site Futura Sciences
    En moyenne, il pousse chez un adulte une douzaine de kilomètres de cheveux par an. © megaflopp, Adobe Stock

    Les cheveux : des poils comme les autres !

    A noter que les cheveux sont des poils comme les autres, même si leur cycle de vie est plus long et qu'ils sont plus épais que les poils qui couvrent tout le reste de notre corps - à l'exception de la paume des mains et de la plante des pieds. Le seul poil qui soit plus épais est celui... de la barbe ! Un poil de barbe est en moyenne trois fois plus gros qu'un poil d'avant-bras, et deux fois plus gros qu'un cheveu. Si on le laisse pousser suffisamment longtemps, il peut devenir plus long qu'un cheveu. Oui, me direz-vous, mais quel est donc le rapport avec les saisonssaisons ? J'y viens.

    Plusieurs facteurs influencent la pousse du cheveu

    La vitessevitesse de croissance du cheveu (et des poils !) est influencé par plusieurs facteurs :

    • Les hormones, dont la production évolue en fonction du sexe et des périodes de la vie. Une femme enceinte produit, par exemple, des niveaux d'oestrogènesoestrogènes élevés qui stimulent la croissance des cheveux. 
    • L'alimentation: Ainsi, la vitamine Cvitamine C est un des nutriments essentielsnutriments essentiels à de beaux cheveux. Avec son pH acide, elle permet de resserrer les écailles du follicule, lissant et faisant briller le cheveu !
    • L'âge : En vieillissant, les cellules se renouvellent moins, l'hypoderme est moins bien vascularisé, et les bulbes sont donc moins nourris. Les cheveux s’affinent, et certains arrivés en phase télogène ne repoussent plus.
    • La génétiquegénétique : le type de cheveux joue également un grand rôle. Plus la racine du cheveu est profonde, plus celui-ci pousse vite. Les cheveux crépus sont en moyenne implantés à 2,5 mm et croissent de 0,7 mm par mois. Les cheveux lisses des asiatiques, sont, eux implantés à 7 mm et ont la croissance la plus rapide : 2 cm par mois en moyenne. 
    •  Enfin, nous y voilà : les saisons. En hiverhiver, notre corps met en place le phénomène de vasoconstriction. Comprenez : le diamètre de nos vaisseaux sanguins diminue à la surface de la peau, ce qui limite la perte de chaleurchaleur du sang à l'extérieur de notre corps, maintenant nos organes au chaud. A l'inverse en été, quand il fait chaud, c'est une vasodilatationvasodilatation qui se produit afin que nous puissions évacuer plus facilement le surplus de chaleur de notre organisme. Toutes les extrémités se vascularisent... incluant l'hypoderme de notre crâne. Mais si, rappelez-vous : c'est là que sont plantés les bulbes de nos 100 000 à 150 000 cheveux ! Cette vascularisation facilite le transport des nutriments, ce qui augmente la production de kératine... et les cheveux poussent plus vite.

    Alors, à vos peignes ! Profitez donc de vos belles bouclettes le temps d'un été, et quittons-nous sur les paroles incandescentes de Baudelaire : « Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! / Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure / Des souvenirs dormantdormant dans cette chevelure, / Je la veux agiter dans l'airair comme un mouchoir ! »