Santé

Le soi, le non-soi et l’infection

Dossier - Vaccins : leurs effets sur notre système immunitaire
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Les vaccins sont devenus un sujet de société qui divise et crée la polémique. Pourtant, s'ils nous obligent à faire des anticorps, c'est pour nous empêcher d'être malades. Mais alors, comment la vaccination fonctionne-t-elle ? Le point dans ce dossier.

  
DossiersVaccins : leurs effets sur notre système immunitaire
 

Avant d'aborder le principe de la vaccination, faisons un petit tour d'horizon sur l'infection, en commençant par les notions de soi, de non-soi et d'antigène. Nous verrons plus loin les défenses à la disposition de l'organisme, notamment au niveau de la peau.

Qu'est-ce qu'une infection ? Découvrez les notions de soi, de non-soi et d'antigène. Ici, de vrais jumeaux. © Kangheungbo, DP

L'infection

L'infection est l'ensemble des mécanismes de pénétration et de développement des agents infectieux du non-soi dans un organisme végétal ou animal qui a ses propres caractéristiques : le soi. Cette pénétration entraîne :

  • d'abord une défense contre ce non-soi ;
  • éventuellement une pathologie locale ou générale.

Nous nous occupons, ici, de l'infection humaine uniquement.

Les antigènes, le non-soi et le soi

Les antigènes du non-soi correspondent à toute substance étrangère à l'organisme, identifiée comme telle par le système immunitaire de notre organisme qui produit une défense énergique. Les antigènes sont généralement des protéines contenues dans des cellules ou des corps étrangers (globules rouges transfusés, organes greffés, bactéries, virus), ou présents dans l'environnement (pollens, déjections d'acariens, poils de chat, etc.).

Notre organisme a ses propres antigènes qui lui permettent d'avoir « une carte d'identité » spécifique et qui seront reconnus comme étrangers par les autres organismes. On les appelle « les antigènes du soi ». Prenons l'exemple des groupes sanguins dans la figure ci-dessous.

Le système ABO est le plus connu. Comme on peut le voir sur ce tableau, en fonction de son groupe sanguin, on présente ou non des antigènes, ce qui définit en retour la présence de certains anticorps spécifiques. Ainsi, il est important, lors d’une transfusion, d’injecter du sang qui ne sera pas rejeté par le receveur. Il en va en réalité de même pour tous les groupes sanguins définis : le système rhésus, le système Kell, le système Langereis, le système Junior et tous les autres. © historicair, Wikipédia, DP

Les antigènes de groupes sanguins figurent sur la membrane des globules rouges de chacun d'entre nous :

  • soit exclusivement ;
  • soit aussi sur d'autres types cellulaires (intérêt en transplantation).
Schéma moléculaire des groupes ABO. Les antigènes A, O et B sont détaillés. © DR

Ce sont parfois des protéines, mais le plus souvent des glucides complexes. On en recense plus de 650 actuellement pour les groupes sanguins. Ces antigènes sont regroupés en 23 systèmes de groupes sanguins. Ceci donne à notre sang, et pour chacun de nous, une carte d'identité personnelle et pratiquement unique, sauf dans le cas de jumeaux vrais.

Tableau des systèmes de groupes sanguins érythrocytaires. Les systèmes ABO, rhésus et Kell sont les plus importants en pratique. © Société internationale de transfusion sanguine
Tableau des différents antigènes des groupes rhésus. © DR