La répartition des graisses joue un rôle important dans la survenue de maladie métaboliques. © Colros, Flickr, CC by-sa 2.0
Santé

Grâce à leurs gènes, certaines personnes obèses sont en relative bonne santé

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[EN VIDÉO] Notre second cerveau responsable de l'obésité ?  Raphaël Moriez, neurobiologiste à l’université de Nantes, explique le lien qu’il vient de découvrir avec ses collègues entre le système nerveux entérique, aussi appelé « second cerveau », et l’obésité. © Inserm 

De nombreuses personnes obèses souffrent de maladies métaboliques comme un diabète de type 2 tandis que d'autres personnes obèses sont en relative bonne santé. Pourquoi ? La réponse pourrait se trouver dans les gènes.

Actuellement, 39 % de la population mondiale est en surpoids et 12 % est obèse. Ces chiffres ont triplé en 50 ans. L'IMC (Indice de Masse Corporelle) est l'un des outils utilisés afin de définir l'obésité. Il se calcule en divisant le poids en kilogramme par la taille au carré en mètre. À partir de 25, la personne est en surpoids. À partir de 30, la personne est obèse. Deux personnes avec exactement le même IMC n'ont pas forcément le même volume de masse grasse et pas forcément la même répartition des graisses dans l'organisme. Certains lieux de stockage sont plus défavorables au bon fonctionnement de l'organisme que d'autres.

Nos gènes guident le dépôt des graisses

Certaines personnes obèses possèdent des gènes qui favorisent le dépôt de graisse autour du pancréas, ce qui accroit le risque de diabète de type 2. D'autres personnes obèses sont porteuses de gènes qui vont favoriser le stockage de graisses sous la peau au niveau de l'abdomen ou du cou (double menton), ce qui n'augmente pas le risque de maladies métaboliques, en comparaison avec des personnes non obèses.

Dans le même esprit, une autre étude récemment publiée avait souligné l'importance des prédispositions génétiques dans la survenue de l'obésité. En effet, une ou des mutations sur certains gènes clefs du système nerveux peuvent déréguler la sensation de satiété. Pour les personnes concernées, la régulation des quantités de nourriture est extrêmement compliquée.

La génétique est impliquée dans la survenue de certaines maladies. © Christoph Burgstedt, Fotolia

Des données confirmées par une étude

Une nouvelle étude a étudié la survenue de 37 maladies chez 500.000 personnes âgées de 37 à 73 ans. Douze maladies, dont les coronaropathies, les AVC (accident vasculaire cérébral) et le diabète de type 2, sont directement liées à l'expression de gènes impliqués dans la répartition des graisses dans l'organisme. Neuf d'entre elles, dont les thromboses veineuses profondes ou l'arthrose du genou, ne sont pas liées à l'expression de gènes impliqués dans la répartition des graisses dans l'organisme mais seulement à l'excès de graisse.

Les auteurs tiennent à souligner que, même si une répartition favorable des graisses dans l'organisme peut protéger les personnes obèses de certaines maladies métaboliques, il n'en demeure pas moins que le surpoids demeure un facteur de risque de nombreuses autres maladies. Pour ne citer que celle-ci, l'obésité accroit le risque de faire une forme grave de la Covid-19.

Lors de la première vague début 2020, plus de 80 % des personnes en réanimation étaient en surpoids. En plus des maladies physiques, les maladies mentales sont aussi concernées. Une étude a mis en évidence un lien entre obésité et dépression. En cas de surpoids et de surcroit d'obésité, la priorité demeure la perte de poids.

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