Les régimes pauvres en glucides sont-ils efficaces dans le cadre du diabète de type 2 ? © annata78, Adobe Stock
Santé

Que valent les régimes pauvres en glucides contre le diabète de type 2 ?

ActualitéClassé sous :Nutrition , diabète de type 2 , diabète

[EN VIDÉO] Naturellement vôtre : « Le meilleur régime est le non-régime »  Dans ce nouvel épisode de «Naturellement vôtre», le nutritionniste Arnaud Cocaul partage son avis sur les régimes. Sont-ils bons ou mauvais ? Selon lui, le meilleur régime n'est pas celui basé sur la restriction mais sur le contrôle des quantités. 

Les régimes à teneur réduite en glucides sont-ils efficaces et sûrs pour les personnes atteintes de diabète de type 2 ? Une récente revue systématique s'est penchée sur la question.

Depuis quelques années, ils vont le vent en poupe. Il s'agit des régimes low carb ou very low carb. Le principe est simple : limiter la sécrétion d'insuline de l'organisme en consommant moins de sucres, respectivement moins de 45 %, 26 % ou 10 % selon la version de ces régimes. Seule la dernière version est suffisante pour induire un état de cétose. Une récente méta-analyse des essais randomisés contrôlés (publiés et non publiés) vient de paraître dans le British Medical Journal et nous en dit plus sur l'efficacité et la sécurité des deux versions les plus radicales de cette tendance, à savoir les régimes à moins de 26 ou 10 % de glucides

Des résultats encourageants à six mois 

En comparant les personnes diabétiques qui ont reçu une alimentation dite de contrôle, et celles qui ont adhéré à une alimentation faible en glucides, les chercheurs constatent une amélioration considérable sur des paramètres clés du diabète comme le taux d'hémoglobine glyquée, la perte de poids ou encore le taux de triglycérides. En comparaison avec le groupe contrôle, les chances relatives de connaître une phase de rémission (ou rééquilibrage) de leur diabète (caractérisé par le passage de l'hémoglobine glyquée sous le seuil de 6,5 %) chez les patients suivant un régime low carb étaient augmentées de 53 à 83 %. Concernant les effets indésirables, aucune différence significative entre les groupes n'a été identifiée par les auteurs. Cependant, la taille d'effet du régime diminue considérablement et la significativité n'est plus au rendez-vous lorsqu'on prend en compte la prise de médicament. De même, chez les patients qui ont un diabète insulino-dépendant. Cela est cohérent avec d'autres résultats obtenus, suggérant que plus le diabète est d'apparition récente, plus ces régimes sont utiles. Avec le temps, leur efficacité (celle des régimes restreints en glucides, pas celle de l'alimentation équilibrée) devient presque obsolète. 

Si à six mois les effets semblent être encourageants, ce n'est pas le cas après un an. © British Medical Journal

Le doute s'installe au long terme

Si à six mois les effets semblent être encourageants, ce n'est pas le cas après un an. Les tailles d'effets des mesures d'interventions diététiques sur le taux de glucides diminuent considérablement. Surtout, le régime très pauvre en glucides ne semble pas faire mieux que son homologue un peu plus riche et cela s'explique généralement par une adhérence plus difficile à une consommation de glucides aussi faible. Dès lors, un régime low carb pourra être approprié dans le cadre d'un diabète récent pour améliorer certains paramètres à court terme tout en continuant à réaliser des bilans régulièrement et à ne pas se considérer comme guéri. Les débats autour de la rémission du diabète de type 2 n'en sont qu'à leurs prémices dans la communauté scientifique. 

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !