Santé

Ça fait peur : une étude suggère que cuisiner nuirait à la santé

ActualitéClassé sous :Nutrition , Cuisine , syndrome métabolique

Une recherche portant sur 2.700 femmes conclut que celles qui cuisinent longtemps présentent plus de risque de maladies cardiovasculaires. Une étude à consommer avec modération.

Passer du temps à cuisiner, est-ce vraiment bon pour la santé ? © Hillebrand Steve, U.S. Fish and Wildlife Service, Wikimedia Commons, DP

On pourrait penser qu'il est préférable pour la santé de passer du temps à préparer de bons petits plats. Mais le temps consacré à la cuisine est-il le gage d'une alimentation saine ?

Depuis les années 1960, le temps passé à cuisiner aux États-Unis a bien diminué et dans le même temps l'obésité s'est accrue, d'où l'idée d'établir un lien entre ces deux phénomènes. L'obésité conduit à différents problèmes de santé et participe au risque de développer un syndrome métabolique. Celui-ci décrit une situation médicale dans laquelle une personne possède au moins trois facteurs de risque de maladie cardiaque parmi ceux-ci : obésité, niveau élevé de graisses dans le sang, cholestérol, hypertension et glucose sanguin anormal. Pour s'épargner le syndrome métabolique, il est généralement conseillé de manger sainement, et donc d'éviter les plats cuisinés trop gras et énergétiques ou la restauration rapide.

Dans cette étude de Preventive Medicine, les chercheurs ont voulu savoir si le temps passé à préparer des repas était lié aux facteurs de risque cardiométabolique. Pour cela, ils ont analysé 14 années de données provenant de 2.755 femmes âgées de 42 à 52 ans qui faisaient partie de la Study of Women's Health Across the Nation (SWAN). Les femmes étaient suivies sur sept sites différents aux États-Unis. Résultat : le risque de syndrome métabolique augmente chez celles qui passent le plus de temps à préparer les repas. De quoi en décourager plus d'une de se mettre aux fourneaux !

Pourtant, plus on cuisine, moins on fréquente les fast-foods. © Sgerbic, Wikimedia Commons, DP

Décryptage : le contenu des plats et la taille des portions en question

Plus précisément, les chercheurs ont trouvé des associations entre le temps de préparation des repas et les facteurs de risque suivants : hypertension, problèmes de glucose à jeun, taux élevé de triglycérides dans le sang, niveaux bas de cholestérol HDL (le « bon cholestérol ») ; en revanche, il n'y avait pas de lien entre temps de préparation des repas et obésité abdominale. Les auteurs concluent que, chez les femmes, le fait de passer beaucoup de temps à préparer des repas est associé au développement d'un profil à risque pour des problèmes de santé cardio-vasculaires.

Pour expliquer ces résultats surprenants, une hypothèse est que les personnes qui cuisinent s'autoriseraient des parts plus importantes à table. Pour les auteurs, il est possible également que les plats cuisinés tout prêts se soient améliorés en qualité. C'est pourquoi Brad Appelhans, qui travaille au Rush University Medical Centre de Chicago et qui a mené cette étude, pense que les conseils visant à encourager les gens à cuisiner devraient être revus : il faudrait insister sur la qualité de ce qu'on cuisine plutôt que sur le simple fait de cuisiner.

Une assiette « maison » souvent plus saine

Ces conclusions doivent cependant être considérées avec précaution, car d'autres travaux indiquent que les personnes qui cuisinent mangent plus sainement que les autres. Ainsi, dans une étude récente d'American Journal of Preventive Medicine, des chercheurs de la School of Public Health (Seattle) ont comparé le temps de préparation des repas et l'alimentation chez 1.319 adultes suivis en 2008-2009 dans le cadre de la Seattle Obesity Study.

Ceux qui passaient le moins de temps à cuisiner étaient plutôt des personnes actives qui accordaient de l'importance à leur confort. Le fait de passer plus de temps à la préparation des repas était associé avec une meilleure qualité de l'alimentation : des apports fréquents en légumes, salades, fruits et jus de fruits. À l'inverse, ceux qui passaient moins d'une heure par jour à la cuisine dépensaient plus en repas pris à l'extérieur et fréquentaient davantage les fast-foods.

Au final, peu importe qui a préparé le repas, c'est bien le contenu de l'assiette qui compte !

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