Santé

Des scientifiques découvrent un champignon anti-chikungunya

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Des scientifiques argentins ont découvert un champignon capable de détruire les larves de moustiques vecteurs de la dengue et du chikungunya, deux maladies contre lesquelles il n'existe pas de vaccin homologué.

Leptolegnia chapmanii est une espèce de champignons oomycètes, c'est à dire d'organismes eucaryotes filamenteux aquatiques et non photosynthétiques de la famille des Leptolegniaceae. C’est un pathogène de larves de moustiques, et il pourrait donc servir à lutter contre les épidémies de chikungunya et de dengue. © angellodec, shutterstock.com

Apparu d'abord en Afrique et en Asie, le chikungunya est une maladie virale qui provoque de fortes fièvres et des douleurs articulaires. Elle peut être fatale pour des personnes affaiblies. Véhiculé par des moustiques, le virus a depuis le milieu des années 2000 atteint le sud de l'Europe et est en passe de se développer sur le continent américain, avec une épidémie qui frappe depuis plusieurs mois les Caraïbes.

La dengue, surnommée "grippe tropicale", est elle une infection virale transmise par les moustiques. Son incidence a progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime à 100 millions le nombre annuel de cas de dengue dans le monde. Désormais, la moitié de la population mondiale environ est exposée au risque de la maladie, selon l'OMS.

Le moustique-tigre Aedes albopictus. Agressif, il est connu pour porter deux arbovirus (virus transmis par des arthropodes, comme les insectes), entraînant la dengue et le chikungunya. © James Gathany, CDC, D

Un insecticide biologique

Le Leptolegnia chapmanii peut se développer dans différents milieux, dans des eaux pures ou souillées, quelle que soit la température, pour un coût modique, selon les travaux de 10 chercheurs de l'Université nationale de La Plata, près de Buenos Aires. Ce champignon a un pouvoir mortel sur les larves de 15 variétés de moustiques, dont ceux qui propagent le virus du chikungunya et de la dengue.

L'objectif des scientifiques est désormais d'élaborer un liquide ou une pastille qui pourrait être introduit dans l'eau pour que le champignon s'y développe et élimine les larves et convertir le champignon en insecticide biologique à grande échelle pour contrôler la propagation des virus, a expliqué à l'AFP Juan Garcia, qui dirige les recherches.

Un vaccin prometteur contre le virus du chikungunya a aussi été mis au point par des chercheurs américains et il a été testé pour la première fois chez l'homme, selon une étude publiée vendredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

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