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Infarctus cérébral : 80% des AVC

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Il frappe 130.000 personnes par an en France. L'accident vasculaire cérébral, ou AVC, est, cliniquement, soit un infarctus soit une hémorragie. Les facteurs à risques sont bien connus.

Après un AVC, la rapidité d'intervention est déterminante. © Konstantin Sutyagin/Fotolia

Il existe deux formes d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) : l'AVC hémorragique et l'infarctus cérébral. Le docteur France Woimant, vice-présidente de l'association France-AVC et neurologue à l'Unité neurovasculaire de l'Hôpital Lariboisière à Paris, insiste beaucoup sur l'importance du terme infarctus cérébral.

« Pour les patients, c'est lui qu'il faut utiliser. Il est beaucoup plus compréhensible que celui d'accident vasculaire cérébral ischémique. En fait c'est comme l'infarctus du myocarde, à la différence que c'est une artère du cerveau qui se bouche. Quant à l'hémorragie cérébrale, c'est une artère qui se rompt. »

L'infarctus cérébral est le cas le plus fréquent. Il représente en effet 80% du nombre total d'AVC contre 20% pour les hémorragies. « Il est absolument capital de savoir si l'on a à faire à un infarctus ou une hémorragie, souligne France Woimant. Le traitement initial est en effet complètement différent. En cas d infarctus, il faut donner un traitement qui va détruire le caillot qui bouche l'artère. » C'est ce que les spécialistes appellent un thrombolytique. « Mais ce traitement doit impérativement être administré dans les 4 heures et demi suivant l'AVC. Et il sera d'autant plus efficace qu'il sera utilisé tôt. »

Réagir sans attendre

Quels sont les signes d'alerte ? « Pour les deux types d'AVC, les signes d'alerte sont à peu près similaires : survenue très brutale d'une faiblesse dans une partie du corps, troubles de la parole et de la vision, ainsi que parfois des maux de têtes ». Le réflexe, c'est d'appeler en urgence le 15. « Il ne faut surtout pas attendre », insiste notre spécialiste.

Concrètement que se passe-t-il au cours d'un infarctus cérébral ? « Une artère du cerveau s'obstrue et toute une partie des cellules cérébrales n'est plus irriguée, donc en manque d'oxygène. De ce fait les cellules ne sont plus fonctionnelles. Pendant un certains laps de temps elles vont survivre, un peu comme si elles étaient endormies. Si nous parvenons à rétablir le flux sanguin assez vite, elles vont se réveiller. » Résultat, le patient pourra récupérer. A l'inverse « si vous les laissez endormies trop longtemps, elles se nécrosent et la même récupération n'est plus possible ».

Les facteurs de risque sont connus : l'hypertension artérielle, fibrillation auriculaire mais aussi diabète, excès de cholestérol, tabagisme et sédentarité. Chaque année en France, 130.000 personnes sont frappées par un AVC. Parmi elles, 40.000 décèderont et 30.000 resteront lourdement handicapées.

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