En appliquant sur des dents un gel contenant des nano amas de phosphate de calcium, des chercheurs chinois sont parvenus à stimuler la croissance d’émail. © Zhejiang University

Santé

Caries : une nouvelle technique pour réparer l’émail de nos dents

ActualitéClassé sous :médecine , dent , carie dentaire

La carie. C'est une pathologie dentaire extrêmement répandue. Le résultat des attaques acides de l'émail qui recouvre nos dents. Mais aujourd'hui, des chercheurs semblent avoir trouvé une solution grâce à un gel qui aiderait l'émail à se réparer tout seul.

L'émail dentaire, c'est la substance la plus dure de tout le corps humain. Mais à force de mastications et d'attaques acides, il peut s'éroder. Se forment alors des trous et des caries qui doivent être soignés pour éviter l'apparition de problèmes plus graves. Aujourd'hui encore, les obturations sont réalisées à partir de solutions imparfaites : du métal, de la porcelaine, de la résine. Des matériaux qui ne se lient pas à la surface de la dent et s'en détachent finalement assez facilement.

Mais une équipe de chercheurs de deux universités chinoises annonce avoir enfin trouvé le moyen de réparer l'émail de nos dents. Mieux encore, d'encourager nos dents à se réparer elles-mêmes. Grâce à un gel contenant du calcium et du phosphate - des nano amas de phosphate de calcium, plus précisément -, deux composants du véritable émail dentaire.

Les chercheurs testent aujourd’hui leur gel sur des souris. Ils espèrent bientôt le mettre à l’épreuve de l’humain pour s’assurer que les produits utilisés sont inoffensifs et que l’émail repousse aussi dans une vraie bouche. © bravissimos, Fotolia

Une efficacité presque démontrée

D'autres équipes avaient déjà pensé à ce type de solution. Mais à partir de mélanges calcium/phosphate trop grossiers, semble-t-il. Les chercheurs chinois ont, quant à eux, opté pour des particules mises en gel d'à peine plus de un nanomètre de diamètre. De quoi faciliter leur adhésion aux dents et à l'émail naturel.

Pour montrer l'efficacité de leur méthode, les chercheurs ont laissé des dents humaines endommagées par de l'acide dans un environnement imitant celui d'une bouche. Quarante-huit heures, c'est le temps qu'il a fallu à leur gel pour stimuler la croissance d'un nouvel émail à l'arrangement aussi hautement ordonné que l'émail dentaire naturel. Cette nouvelle couche, en revanche, est apparue 400 fois plus fine que de l'émail non endommagé. Un problème que les chercheurs imaginent résoudre en répétant tout simplement l'application du gel.

Pour en savoir plus

Caries : une nouvelle technique pour faire repousser l’émail des dents

L'émail de nos dents est précieux. Nous l'apprenons dès l'enfance. Car il ne se régénère pas naturellement. Mais des chercheurs britanniques ont peut-être enfin trouvé une solution à nos problèmes de caries.

Article de Nathalie Mayer paru le 10/06/2018

Pour veiller à la bonne santé de l’émail de ses dents, rien de tel que de bons brossages. © vchalup, Fotolia

L'émail qui recouvre nos dents est un matériau étonnant. Il est le plus dur de notre corps et permet à nos dents de continuer à remplir leur rôle, malgré les agressions acides et les fortes variations de température auxquelles il peut être soumis. Ceci grâce à une structure hautement organisée. Malheureusement, en cas de perte, l'émail ne se régénère pas. Et cela peut faire mal...

Mais aujourd'hui, des chercheurs de la Queen Mary’s School of Engineering and Material Science ont peut-être mis le doigt sur une solution, avec un procédé capable de fournir des matériaux remarquablement ordonnés se comportant comme l'émail de nos dents. De quoi, espèrent-ils, aider à résoudre les problèmes de caries ou encore d'hypersensibilité dentaire.

Zoom sur des nanocristaux d’apatite organisés à l’image de l’émail de nos dents. © Alvaro Mata, Queen Mary’s School of Engineering and Material Science

Des nanocristaux d’apatite

Le mécanisme est basé sur un matériau protéique spécifique capable de déclencher et de guider la croissance de nanocristaux d'apatite à plusieurs échelles -- de la même façon que ces cristaux se développent lorsque l'émail dentaire se développe dans notre bouche. Cette organisation structurale est essentielle aux propriétés physiques exceptionnelles présentées par l'émail dentaire naturel.

Au-delà de l'émail, les chercheurs estiment que contrôler ainsi le processus de minéralisation ouvre la possibilité de créer des matériaux ayant des propriétés qui imitent différents tissus durs (os, dentine, etc.). Et l'étude fournit également un aperçu de l'impact des dysfonctionnements au niveau des protéines dans la physiologie et les pathologies humaines.


Caries : une nouvelle technique pour faire repousser l’émail des dents

Des chercheurs ont mis au point un produit à base de peptides capable de reminéraliser les dents abîmées. Les premiers tests menés en laboratoire semblent concluants et constituent un espoir pour combler des lésions pas trop profondes.

Article de Céline Deluzarche paru le 18/04/2018

De 60 à 90 % des enfants scolarisés dans le monde et près de 100 % des adultes ont ou ont eu des caries, rapporte l'OMS (Organisation mondiale de la santé). En cause : une mauvaise hygiène dentaire (alimentation trop riche en sucres, boissons acides, etc.). La première phase de ces lésions résulte bien souvent d'une déminéralisation de l'émail, due à la dissolution des structures cristallines de la dent. Les bactéries présentes dans la bouche métabolisent les débris alimentaires et produisent des secrétions acides, dégradant l'émail. Si les populations bactériennes deviennent trop nombreuses, la déminéralisation commence.

Des chercheurs de l'université de Washington ont réussi à développer un traitement innovant en reproduisant le processus naturel de formation des dents. Les améloblastes, des cellules spécialisées dans la fabrication de l'émail, sécrètent des protéines, dont l'amélogénine. Mais leur travail s'arrête là : une fois la croissance de la dent achevée, les améloblastes meurent et ne peuvent donc plus reformer à nouveau de l'émail. Dans leur étude, publiée dans la revue ACS Biomaterials Science and Engineering, les chercheurs ont déposé sur la dent des peptides, en fait des fragments d'amélogénine, pour fabriquer une nouvelle couche d'émail.

Plusieurs groupes ont été ont été testés par l'étude, recevant du fluor plus ou moins dosé, du phosphate de calcium ou une association de fluor et de peptides. Le seul produit à avoir conduit à la formation d'une couche suffisamment épaisse (au moins 10 μm) et dense susceptible de remplacer le vrai émail est celui à base des peptides seuls.

En se fixant sur la carie (Carious Lesion), les peptides facilitent le dépôt de calcium (Ca2+) et de phosphate ((PO4-)3-) puis la cristalisation (Mineral Crystals), et la formation d'émail (Enamel). © ACS Biomater. Sci. Eng.

Une technique limitée aux lésions superficielles

Cependant, la technique n'a pour l'instant été testée qu'en laboratoire. Il reste donc à valider sa pertinence sur des patients. Elle sera aussi limitée aux lésions superficielles, car lorsque la dentine située sous l'émail des dents est atteinte, il est trop tard. En revanche, on peut parfaitement imaginer d'intégrer ce produit dans une pâte dentifrice à titre préventif.

En attendant, on peut se rabattre sur les dentifrices au fluor du commerce. Mais avec une concentration limitée à 1.500 ppm, leur pouvoir reminéralisant est très faible. Ils servent seulement à prévenir des caries non encore apparues. En 2014, la marque Unilever avait lancé un dentifrice baptisé Regenerate, censé « reconstruire 82 % de l'émail de dents ». À base de silicate de calcium combiné à du phosphate de sodium, il recrée une couche protectrice sur les dents mais ne se substitue pas vraiment au véritable émail, comme celui fabriqué par les améloblastes.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Le bisphénol A a une dent contre nos dents  D’après une étude scientifique dirigée par Sylvie Babajko, le bisphénol A altérerait l’expression de deux gènes impliqués dans la formation de l’émail des dents chez le rat. L’extrapolation à l’Homme semble tout à fait plausible.