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Les Hommes préhistoriques souffraient de caries plus tôt que prévu

ActualitéClassé sous :E2014

Alors que l'on pensait que les caries n'avaient concerné l'espèce humaine qu'à partir du moment où nos ancêtres avaient maîtrisé l'agriculture, de nouvelles fouilles ont révélé que les Hommes préhistoriques souffraient de caries et probablement de mauvaise haleine plusieurs millénaires avant qu'ils ne délaissent la chasse et la cueillette.

Les dents des chasseurs-cueilleurs ayant vécu dans l'actuel Maroc étaient bien érodées par la consommation de fruits à coque. © Avec l'aimable autorisation d'Isabelle De Groote

Tout progrès s'accompagne souvent de quelques imprévus. Ainsi, on a longtemps cru qu'en même temps que l'Homme apprenait à cultiver la terre, et qu'il devenait donc un grand consommateur de céréales, il a développé des caries. Pourquoi ? Parce qu'une telle alimentation est riche en sucres fermentables, grâce auxquels les bactéries qui détériorent les dents s'épanouissent.

Mais des fouilles récentes réalisées dans la grotte des Pigeons, près du village marocain de Taforalt, sur des chasseurs-cueilleurs morts entre 13.700 et 15.000 ans, ont révélé que ces Hommes souffraient d'une très mauvaise hygiène buccodentaire. Et pour cause : l'étude publiée dans Pnas montre que 51,2 % des dents retrouvées étaient percées de caries. La majorité de ces individus devaient aussi avoir des abcès dentaires, ce qui laisse penser qu'ils avaient mal aux dents. Et en plus mauvaise haleine, d'après ce que suggèrent les auteurs.

Des chasseurs-cueilleurs plus si nomades

À quoi la faute ? Sur le site, les indices retrouvés laissent penser que ces Hommes se nourrissaient de glands, de pommes de pin ou de fruits à coque, tous riches en glucides fermentables et favorisant le développement de Streptococcus mutans, une bactérie à l'origine des caries.

Alors qu'on a longtemps accusé les bonbons et une alimentation à base de sucres raffinés comme étant propices au développement de problèmes buccodentaires, cette recherche laisse finalement entendre que la consommation de plantes sauvages n'est pas non plus sans danger. Et le danger est bien réel, car il est établi aujourd'hui qu'une mauvaise hygiène dentaire affecte la santé en général, y compris en favorisant les maladies cardiovasculaires.

Autre point intéressant que laisse supposer cette recherche : ces nomades auraient pu être plus sédentaires que ce que l'on pensait. Leur subsistance serait passée par la consommation de ces fruits à coque, desquels ils ne se seraient pas trop éloignés. Mais à cette époque, on ne parle pas encore d'agriculture, les traces les plus anciennes remontant aux alentours de 11.000 ans avant notre présent.

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