Une prescription à base de silice poreuse pour perdre du poids ? Au cœur de la recherche depuis plusieurs années, des scientifiques viennent de mettre en lumière le mécanisme de « piège » des enzymes de la digestion et des nutriments qui sous-tend l’effet anti-obésité de ce « sable. »

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Il sera probablement possible de perdre du poids avec des particules poreuses de silicesilice fabriquées à partir de sablesable purifié. S'il existe déjà sur le marché des traitements contre l'obésité comme l'Orlistat, ce médicament suscite peu d'adhésion de la part des patients. En effet, cet inhibiteur des lipases gastro-intestinales a beau agir positivement sur la digestion des graisses, elles sont moins bien absorbées dans la circulation sanguine. Finalement, en raison du passage des graisses et des lipideslipides non digérés dans le côlon, le traitement implique des effets indésirables importants comme des diarrhéesdiarrhées et des troubles gastro-intestinaux.

Ce que l’on savait déjà sur la silice poreuse

Ces dernières années, les biomatériaux poreux tels que la silice se sont présentés comme une alternative efficace par absorbtion de grandes quantités de macronutriments dans leurs matrices poreuses, et ce sans effets indésirables. La silice poreuse peut ainsi agir sur les processus digestifs normalement déclenchés par les enzymesenzymes qui décomposent les graisses, les amidonsamidons et les sucressucres dans l'estomacestomac et les intestins. De plus, la taille des nanoparticulesnanoparticules semblait jouer un rôle déterminant pour inhiber l'activité digestive.

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L’obésité n’est pas une question de volonté et c’est la science qui l’affirme

Une étude de 2014 a montré que des souris soumises à un régime riche en graisses prenaient beaucoup moins de poids lorsqu'elles étaient nourries avec ces particules de silice poreuse. Une étude plus récente effectuée sur dix personnes souffrant d'obésité a montré que les nanoparticules pouvaient réduire la glycémie et le taux de cholestérolcholestérol sanguin (des facteurs de risquefacteurs de risque connus de complications métaboliques). Mais, jusqu'à présent, les propriétés physico-chimiques de la silice et le mécanisme impliquant cette réduction du poids étaient mal compris.

L'OMS estime que 1,9 milliard d'adultes sont en surpoids ou obèses dans le monde. Il existe donc un besoin urgent de nouvelles thérapies qui traitent efficacement l'obésité grâce à des mécanismes d'action sûrs. © Kurahn, Fotolia
L'OMS estime que 1,9 milliard d'adultes sont en surpoids ou obèses dans le monde. Il existe donc un besoin urgent de nouvelles thérapies qui traitent efficacement l'obésité grâce à des mécanismes d'action sûrs. © Kurahn, Fotolia

Optimiser l’effet anti-obésité avec la taille des particules

À l'aide d'une simulation in vitro de digestion humaine après un repas riche en graisses et en sucres, des chercheurs australiens et irlandais ont testé une série de tailles et de formes de silice différentes. Chacun des échantillons a été introduit dans le modèle gastro-intestinal, et la digestion de graisses et de sucres a été quantifiée.

« Il apparaît clairement que les particules de silice poreuse dont la largeur des pores est comprise entre 6 et 10 nanomètresnanomètres sont optimales pour déclencher une réponse inhibitrice de l'activité des lipases et des amylases », écrivent les auteurs de l'étude publiée dans Pharmaceutics. En clair, cette taille de pore serait idéale pour inhiber l'action des enzymes de la digestion et favoriser l'effet anti-obésité. En outre, les nanoparticules de sable purifié semblaient absorber les nutrimentsnutriments digérés et non digérés du tractus gastro-intestinal avant leur passage dans la circulation sanguine.

Toutefois, les chercheurs reconnaissent que leur modèle est bien trop simple pour imiter la complexité de l'intestin humain pendant la digestion, même s'ils ne peuvent pas mieux faire pour des raisons éthiques. Afin de s'assurer que la silice peut être conçue avec des activités anti-obésité optimales, de futurs travaux valideront ces résultats dans des modèles animaux d'obésité in vivo.