Le SARS-CoV-2 pourrait aussi avoir des effets à long terme sur le cerveau. © ra2 studio, Adobe Stock
Santé

« Il ne s'agit pas juste d'un virus respiratoire » : après une Covid-19, des séquelles sur le sommeil et la santé mentale

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[EN VIDÉO] Covid long : quand les symptômes durent des mois  De nombreuses personnes sont atteintes de Covid long, une forme de la maladie qui peut s'étirer sur plusieurs mois. © Futura 

La pandémie a augmenté les problèmes de santé mentale des populations. Si le contexte est indiscutablement anxiogène, il semblerait que le virus lui-même pourrait avoir un impact sur notre cerveau et déclencher des maladies psychiatriques.

Le SARS-CoV-2 est décidément un virus très mystérieux. Au début de la pandémie, il apparaissait comme un virus respiratoire donnant lieu à une pathologie asymptomatique chez 80 % des patients et pouvant aboutir à des formes graves chez les patients fragiles comme les obèses, les personnes âgées, les diabétiques. Nous savons maintenant que c'est bien plus compliqué que cela. Premièrement, il y a le Covid long. En effet, des patients continuent de ressentir des symptômes, parfois très invalidants, plusieurs mois après la contamination. La Covid-19 pourrait-elle être en fait une maladie chronique ? Deuxièmement, il y a les séquelles à long terme, qui peuvent survenir même chez ceux qui ont fait une forme bénigne de l'infection de seulement quelques jours.

Récemment, une étude a montré qu'une contamination au SARS-CoV-2 exposait à un risque accru d’arrêt cardiaque (+61 %) et d'AVC (+52 %) dans l'année qui suit. Une publication du prestigieux British Medical Journal (BMJ) apporte de nouvelles données : des séquelles sur la santé mentale ont aussi été observées pendant au moins un an.  

Des séquelles sur la santé mentale

L'étude de cohorte a inclus trois groupes :

  • groupe 1 : 153.848 personnes qui ont été infectées par le SARS-CoV-2. Dans les deux ans précédant l'étude, aucun d'entre eux n'a été diagnostiqué pour un trouble mental ou n'a pris de traitement psychiatrique ;
  • groupe 2 : un groupe contrôle de personnes n'ayant a priori pas été infectées (n=5.637.840) ;
  • groupe 3 : un groupe contrôle constitué avant la pandémie (n=5.859.251).

Le groupe 1 présentait un risque plus important d'avoir des troubles anxieux (+35 %) et des troubles dépressifs (+40 %). De manière logique, ce groupe avait consommé plus d'antidépresseurs et d'anxiolytiques (benzodiazépines). Plus inquiétant, le groupe 1 avait aussi plus de risques de survenue de déclins cognitifs et de troubles du sommeil (+41 %).

Le syndrome dépressif semble être une séquelle de la Covid. © Wordley Calvo Stock, Adobe Stock

Même chez les personnes ayant fait une forme bénigne

Les personnes ayant nécessité une hospitalisation avaient les séquelles mentales les plus importantes. Et si ces troubles provenaient d'un stress post-traumatique bien compréhensible ? A priori non. Les auteurs ont observé un sur-risque d'avoir des problèmes de santé mentale chez les patients hospitalisés pour Covid-19 comparé aux patients hospitalisés pour une grippe sévère ou pour toute autre cause. De plus, des séquelles ont été observées aussi chez les personnes ayant fait une forme bénigne de la maladie.

Les auteurs concluent : « Il ne s'agit pas seulement d'un virus respiratoire. » En effet, si les symptômes se concentrent sur l'appareil respiratoire au début de l'infection, il apparaît maintenant clairement que le SARS-CoV-2 est en capacité de causer des dégâts sur de nombreux autres organes.

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