Depuis mardi 17 mars, à midi, les Français sont confinés à domicile. Quelques jours auparavant, une méta-analyse se penchait sur les effets psychologiques de la mise en quarantaine. Les études se rejoignent : être forcé de rester chez soi a des effets négatifs. Malgré tout, aucune fatalité puisqu'il existe de multiples façons d'égayer son esprit !


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    Les scientifiques se dépêchent. Ils s'empressent de trouver des médicaments, de concevoir un vaccin, mais aussi de disséquer les conséquences de la pandémie de coronavirus. Dans une méta-analyse parue dans The Lancet, une équipe de chercheurs du King's College (Royaume-Uni) a passé en revue 24 études détaillant les effets psychologiques de la mise en quarantaine. Ces travaux ont été réalisés dans une dizaine de pays lors des précédentes épidémies : Sars (11 études), Ebola (cinq), grippegrippe H1N1 (trois), Mers-CoVMers-CoV ou Middle East respiratory syndromesyndrome (deux), et grippe équine (une).

    Et leurs conclusions convergent. D'une part, les modalités d'un confinement changent sa répercussion. En effet, lorsque la date de fin est reculée, voire indéfinie, l'impact psychologique est plus important. D'autre part, cet impact psychologique pourrait perdurer dans le temps : jusqu'à plusieurs années.

    Chez certaines personnes, les répercussions du confinement peuvent être nuisibles au point de conduire au suicide. De jour comme de nuit, l'association SOS Amitié est à l'écoute de toute personne ayant besoin de soutien, dans le respect de l'anonymat et de la confidentialitéconfidentialité au 09 72 39 40 50 ou par chat. C'est également le cas de l'association Suicide Écoute au 01 45 39 40 00.

    Les associations SOS Amitié et Suicide Écoute le martèlent : vous n'êtes pas seul. Au bout du fil, une personne veut et peut vous aider. © Bignai, Adobe Stock
    Les associations SOS Amitié et Suicide Écoute le martèlent : vous n'êtes pas seul. Au bout du fil, une personne veut et peut vous aider. © Bignai, Adobe Stock

    Quand cerveau et corps tournent en rond

    Les jours passent. Chaque activité du foyer a été faite et refaite. Les enfants craquent. Un des travaux analysés l'assène : les enfants soumis à une période de quarantaine ont quatre fois plus de symptômessymptômes de stress post-traumatiquestress post-traumatique que les enfants ne l'ayant pas subi. Chez le personnel hospitalier, ces symptômes peuvent subsister durant trois ans.

    Globalement, la méta-analyse pointe les symptômes de stress post-traumatique, la dépression, la colère, la peur, l'abus de médicaments, mais surtout le moral en berne. En effet, l'effet le moins inquiétant relevé par les chercheurs est aussi le plus courant : le taux de prévalenceprévalence du moral dans les chaussettes est de 73 %.

    En parallèle, la frustration et l'ennui s'emparent des personnes confinées. Néanmoins, une différence majeure sépare les épidémies étudiées de la pandémie de coronavirus actuelle : le développement d'internetinternet. Indéniablement, NetflixNetflix, YouTubeYouTube et les réseaux sociauxréseaux sociaux aident à combattre l'ennui et la solitude en cette période de confinement.

    Comment amoindrir les effets délétères d'une quarantaine ?

    Plusieurs facteurs de stress particuliers ont été mis en évidence par les chercheurs anglais. En premier lieu, la longueur de la quarantaine. Au-delà d'une dizaine de jours, les effets psychologiques seraient multipliés. Ils le seraient aussi en cas de manque de fournitures de base, comme la nourriture, l'eau, les médicaments, et visiblement le papier toilette.

    Parmi les sources de stress figure une communication de crise inadaptée. Pour diminuer les effets négatifs, les auteurs de la méta-analyse suggèrent aux autorités de communiquer régulièrement et en toute transparencetransparence, de proposer des activités aux personnes concernées pour réduire l'ennui, et d'assurer l'approvisionnement en produits de base. Le confinement devrait également être le plus court possible, avec une date claire.

    Les chercheurs insistent pour que soit renforcé le sentiment d'altruismealtruisme que chaque individu devrait ressentir en participant à sauver des vies. Tandis qu'une attention particulière doit être apportée au personnel médical.