Associer un traitement antidépresseur à un traitement hypnotique pour des patients souffrant d'insomnie sévère, peut réduire les risques de dépression conduisant parfois au suicide. © LumineImages, Fotolia

Santé

Les somnifères préviendraient les suicides chez les patients insomniaques

ActualitéClassé sous :Sommeil , insomnie , suicide

Une récente étude met en évidence l'efficacité de combiner un traitement antidépresseur à un traitement hypnotique chez les patients dépressifs, souffrant d'insomnie sévère, ayant déjà évoqué le suicide comme ultime solution à leur problème. En effet, l'insomnie et la dépression s'alimentent mutuellement et augmentent toutes deux le risque de mettre fin à ses jours. Néanmoins, le consensus scientifique à cet égard n'est pas tout à fait clair.

Le suicide fait désormais partie des causes majeures de mortalité. Une augmentation de 31 % du taux de suicide a été enregistrée entre 2001 et 2017 aux États-unis. C'est la seconde cause de mortalité des 10-34 ans et c'est donc une priorité de santé publique. C'est une récente expérience contrôlée randomisée non croisée, en double aveugle, publiée dans The American Journal of Psychiatry qui met en évidence l'efficacité des traitements hypnotiques pour réduire les idées suicidaires chez des patients dépressifs souffrant d'insomnie

Une efficacité à confirmer

L'étude a duré huit semaines, conduite dans trois laboratoires différents et comptabilisant 103 patients d'une moyenne d'âge de 40 ans et demi. Ni les patients ni les chercheurs ne savaient quel groupe recevait le traitement (le zolpidem, un hypnotique puissant) ou le placebo. En plus de cela, les participants étaient tous sous antidépresseurs (des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine). Le risque de suicide était mesuré via deux échelles standardisées mesurant les pensée suicidaires et le risque de suicide.

Si le traitement ne parvenait pas à diminuer le score du test concernant les pensée suicidaires, il a réussi à diminuer celui du risque de suicide chez les patients souffrant d'insomnies sévères. L'étude ne statue donc pas en faveur d'une prescription chronique d'hypnotique. Néanmoins, les auteurs s'accordent sur l'utilité d'une coprescription d'antidépresseurs et d'hypnotiques en début de thérapie pour les personnes souffrant d'insomnies sévères. Aucun patient n'est mort pendant l'étude.

Enfin, rappelons que le consensus scientifique concernant la prescription d'hypnotiques pour réduire le risque de suicide est mitigé. En effet, ces derniers pourraient causer une augmentation du taux de suicide dû à des altérations du système nerveux central ou, comme c'est le cas dans cette étude isolée, une diminution de ce taux due à une amélioration de l'insomnie. Des études similaires doivent être conduites, puis des méta-analyses devront être réalisées pour pouvoir énoncer de meilleures lignes directrices.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 10-34 ans aux États-Unis. © Saccharinesmile, deviantart.com, CC by nd 3.0

Le suicide : un phénomène complexe

Bien sûr, il serait réducteur de penser que les vagues de suicides actuelles seraient endiguées en combattant seulement l'insomnie. Le suicide est un phénomène complexe qui peut être favorisé, selon plusieurs revues, par divers facteurs tels qu'une dépression profonde, des addictions, une maladie mentale ainsi que des troubles de la personnalité. L'isolement et le harcèlement social peuvent aussi en être la cause. Une excellente série (13 Reasons Why) qui se passe dans un lycée américain aborde la problématique du suicide et évoque toute la complexité existante à le prévenir.

Si vous avez besoin d'aide, parlez-en à vos proches. Il existe un numéro vert (09 72 39 40 50) joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour vous écouter si vous êtes en détresse psychologique, et pour vous orienter vers des solutions envisageables. 

  • Une récente étude met en évidence une réduction du risque de suicide chez les patients dépressifs et souffrant d'insomnies sévères, grâce aux hypnotiques au début de la thérapie.
  • Le consensus scientifique est encore flou concernant ces traitements, il faudra donc attendre d'autres résultats pour émettre des lignes directrices. 
  • Si vous avez besoin d'aide, parlez-en à vos proches ou composez le numéro SOS amitié : 09 72 39 40 50
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