Les radiolaires sont des protozoairesprotozoaires marins à test siliceux. Ils existent depuis le CambrienCambrien (500 Ma) et représentent donc l'un des groupes les plus anciens.

Dans les années 1950, des études détaillées de coupes stratigraphiques, tant à terreterre qu'en mer, ont permis de mettre en évidence une évolution des radiolaires d'abord pour le Tertiaire, puis pour le MésozoïqueMésozoïque et le PaléozoïquePaléozoïque. Ce sont donc des microfossilesmicrofossiles utiles en stratigraphie. Ils comportent un grand nombre d'espècesespèces (6.700 espèces sont répertoriées dès 1970) et existent parfois là où il n'y a aucun autre fossile utile stratigraphiquement.

Radiolaire <em>Diporaspis nephrophora</em>. © Ernst Haeckel, Domaine public
Radiolaire Diporaspis nephrophora. © Ernst Haeckel, Domaine public

L'accumulation quasi exclusive de ces éléments du microplancton siliceux peut aboutir à la formation de roches appelées « radiolarites ».

Un affleurement de radiolarites du sultanat d'Oman. Sur le terrain, elles se présentent le plus souvent sous forme de bancs de jaspes de quelques centimètres d'épaisseur (3 - 20) alternant avec des bancs d’argile indurés plus minces (0,2 - 3 cm). © J. Marcoux, Univ. ParisVII 
Un affleurement de radiolarites du sultanat d'Oman. Sur le terrain, elles se présentent le plus souvent sous forme de bancs de jaspes de quelques centimètres d'épaisseur (3 - 20) alternant avec des bancs d’argile indurés plus minces (0,2 - 3 cm). © J. Marcoux, Univ. ParisVII 

L'intérêt de ces organismes

L'intérêt porté aux radiolarites, comme représentants possibles d'anciens sédiments pélagiquespélagiques, remonte à la même époque qu'à celle de l'expédition du ChallengerChallenger, vers la fin du XIXe siècle. Dans les Alpes, Steinmann (1905, 1925) affirme que les radiolarites mésozoïques sont analogues aux boues siliceuses récentes et attire l'attention sur l'association commune des cherts avec des roches ignéesroches ignées mafiques et ultramafiques. Il pensait que l'association radiolarites-ophiolites était due à la prolifération des radiolaires facilitée par la libération de silicesilice dans l'eau lors des émissionsémissions volcaniques sous-marines. Avec l'avènement de la théorie de la tectonique des plaques et l'interprétation des cortèges ophiolitiques, les relations avec des sédimentssédiments océaniques suscitent un nouvel intérêt.

Les radiolarites revêtent par leur signification bathymétrique et par leur fréquente présence au-dessus des ophiolitesophiolites et des basaltesbasaltes océaniques une grande importance pour les reconstitutions paléogéographiques et les modèles géodynamiques. Les radiolarites représentent en effet un excellent marqueur lors de l'étude de la formation des marges continentales, de leur évolution et de leur subsidencesubsidence. Elles permettent en outre de dater la croûte océaniquecroûte océanique (et par là même des moments cruciaux de la dérive des continents). Cependant, leur datation directe est relativement récente, ces sédiments ne livrant pas les fossiles utilisés habituellement en stratigraphie (ammonitesammonites, foraminifèresforaminifères, nannofossiles...).

Partie centrale de la coque d'un radiolaire de type Saturnalide (l'anneau qui entoure la sphère centrale explique le nom). L'aspect spongieux correspond en fait à un ensemble de fines coques concentriques. le diamètre de la coque représente environ 0,1 mm. Jurassique (180 millions d'années), Turquie. © DeWever
Partie centrale de la coque d'un radiolaire de type Saturnalide (l'anneau qui entoure la sphère centrale explique le nom). L'aspect spongieux correspond en fait à un ensemble de fines coques concentriques. le diamètre de la coque représente environ 0,1 mm. Jurassique (180 millions d'années), Turquie. © DeWever

Les sédimentologistes s'intéressent maintenant aux radiolaires en raison de la part importante que ces organismes prennent à la constitution de certains dépôts (anciens ou récents). Ils sont en effet de bons indicateurs de paléoécologie pour les sédiments récents et cénozoïquescénozoïques. Dans les sédiments plus anciens, ils sont insuffisamment connus pour livrer des informations précises sur les paléomilieux.

Au cours des trente dernières années, la micropaléontologie industrielle s'est fortement développée comme outil de subsurface pour cartographier et délimiter des roches-réservoirs ou roches mères potentielles par l'interprétation des paléoenvironnements. Actuellement encore, les biozonations s'affinent beaucoup pour les radiolaires et permettent d'obtenir des résultats à la fois précis et économiques dans un marché où la compétition est croissante.