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Migration de la baleine et des autres cétacés

Dossier - Les cétacés, nos cousins des mers
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Plongez dans le monde fascinant de nos océans et de nos fleuves. Une immersion dans l'univers marin vous permettra de découvrir les cétacés, des prédateurs méconnus, les aptitudes de ces mammifères marins si menacés, aux facultés extraordinaires.

  
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En terme d'énergie, la migration est un investissement très important pour l'animal quel qu'il soit, ça tombe sous le sens. Pour les cétacés, à quoi servent ces migrations, et comment se déroulent-elles ?

Comment se déroulent les migrations de cétacés ? © seabass london, Flickr CC

Les cétacés à fanons jeûnent pendant la migration, vivant sur leurs réserves de graisse pendant jusqu'à huit mois. Les femelles qui ont des petits peuvent perdre presque 50 % de leur poids ce qui, chez une baleine bleue adulte, peut représenter 80 tonnes.

Pourquoi les cétacés à fanons migrent-ils ?

On pense que la nourriture n'est pas assez abondante dans les zones d'alimentation d'hiver pour les petits à naître mais on n'en est pas sûr. En effet, les baleines franches boréales, les orques, les bélugas et les narvals restent dans des eaux froides. Les cétacés à fanons évitent-ils la prédation de leurs petits par les orques ? En effet, certains individus qui ne se reproduisent pas ne migrent pas et économisent ainsi une quantité d'énergie. La baleine bleue et les rorquals communs, sont les plus grands voyageurs et les plus puissants : jusqu'à 17 km à l'heure sur 3.700 km.

À l'exception du rorqual de Bryde, dans les eaux chaudes toute l'année, les cétacés à fanons effectuent des migrations, nord-sud, entre les eaux froides d'alimentation, l'été, et les zones de reproduction tropicales, l'hiver.

Carte schématique des parcours des différents cétacés au cours de leurs migrations 

En jaune aires d'été, en noir aires d'hiver. Les traits indiquent les trajets approximatifs des cétacés à fanons. © DR

Il est vital, pour la conservation de la vie marine, de protéger les itinéraires des cétacés et autres espèces en danger. Ces voies marines, mises en évidence ces dernières années, l'ont été en suivant les dauphins (et les tortues). Les études montrent que les animaux empruntant ces voies maritimes sont souvent piégés par les bateaux de pêche de plus petites espèces. Pour les tortues c'est tout à fait dramatique, pour les cétacés, certains en tous les cas, ça pourrait le devenir assez rapidement !

Modifier la circulation des bateaux pour protéger les migrations

Les États-Unis considèrent comme envisageables des modifications des voies de navigation, le long de la côte est, pour protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord des collisions avec les navires. La stratégie proposée est développée par le NOAA. Pour le moment, il s'agit de Cape Cod, du Great South Channel et du golfe du Maine.

Pour les aires de mises bas au large de la Géorgie et de la Floride, des limites de vitesse sont proposées. Les mesures s'appliqueraient aux navires de plus de 20 mètres. Les autorités espèrent que ceci contribuera à sauver cette espèce en voie de disparition. Depuis 2003 déjà, les navires empruntent une nouvelle route dans la baie de Fundy fréquentée par les baleines noires de l'Atlantique Nord-Ouest. Les collisions causeraient 50 % des morts dans un effectif réduit à 325 individus. Les relevés aériens réalisés en 2004 ont permis de dénombrer 16 nouveau-nés dans les eaux de la Géorgie et de la Floride, une bonne année ! [NOAA, ENN, Aquanews]