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Biographie de David d'Angers

Dossier - Angers : défis architecturaux
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Dans ce dossier je vous propose de découvrir Angers, les magnifiques réhabilitations effectuées pour la Collégiale St Martin et la galerie David, à la fois défis architecturaux et prouesses techniques.

  
DossiersAngers : défis architecturaux
 

Pierre-Jean David, dit David d'Angers, représentant du peuple à l'Assemblée constituante de 1848, né à Angers (Maine-et-Loire), le 12 mars 1789, mort à Paris le 5 janvier 1856, était le fils d'un sculpteur sur bois. Il reçut les premières notions de dessin, à l'école de sa ville natale.

Modèle du marbre représentant Joseph Bara par le sculpteur David d'Angers (1838). © Selbymay, Wikimedia commons, CC by-sa 3.0
David d'Angers

Il vint jeune à Paris et, pauvre, eut une situation difficile. Ses heureuses dispositions pour les arts ont intéressé son illustre homonyme, le peintre Louis David. Celui-ci l'accueillit gratuitement dans son atelier, et Angers l'encourageait par une pension annuelle de 500 francs. Il fut lauréat du concours de sculpture pour le prix de Rome, il fut aussi pensionnaire de l'Académie de France.

La statue du Grand Condé, une commande, avait mis David d'Angers en évidence et le 5 août 1826, il fut nommé membre de l'Institut (Académie des Beaux-Arts), et, le 6 décembre de la même année, professeur de l'École de peinture.

En 1831, il commença les sculptures du Panthéon. L'étonnante fécondité de David d'Angers ne permet pas de citer toutes ses productions. Mais David d'Angers s'est plu à faire revivre sous son ciseau les traits des hommes utiles à l'humanité, et on lui doit des représentations de toutes les célébrités contemporaines : « Une des principales qualités de David, écrit un biographe, c'est d'être exact et poétique à la fois. Le costume de notre époque ne le gêne point : il lui donne de l'ampleur, de la noblesse ; l'habit ne couvre point son héros, il le revêt, il le pare ; on voit le sang généreux glisser sous l'étoffe, on devine le cœur battant fort sous la poitrine. »

David d'Angers "abolition de l'esclavage" croquis à la mine de plomb © Musées d’Angers Pierre David

Républicain, David d'Angers fut élu, le 23 avril 1848, représentant du peuple à l'Assemblée constituante par le département de Maine-et-Loire. Il siégea à gauche et vota contre le rétablissement de la contrainte par corps, pour l'abolition de la peine de mort, pour le droit au travail. Adversaire de Louis-Napoléon Bonaparte, David d'Angers fut arrêté à Paris, lors du coup d'État de décembre 1851, par ordre du président, et éloigné de France. Il alla visiter Athènes, puis revint mourir à Paris.

Philopoemen 1837

Notice du Louvre sur cette oeuvre : Commande de l'administration royale par décision du 27 septembre 1831 pour la Cour du Louvre, finalement destinée au jardin des Tuileries.
- Marbre H. : 2,29 m. ; L. : 0,91 m. ; Pr. : 0,98 m.
- Entrée au Louvre en 1859, replacé aux Tuileries, puis rentré au Louvre le 8 octobre 1870.

En 222 avant notre ère, Philopoemen participe à la bataille de Sélasie, où il combat dans les troupes d'Antigone Doson, roi de Macédoine, contre Cléomène, roi de Sparte. Blessé, il extrait stoïquement le javelot qui s'était brisé dans sa cuisse. L'épisode est raconté dans les Vies des hommes illustres de l'auteur grec Plutarque (v.46-v.125), qui établit des parallèles entre des grecs et des romains célèbres. Philopoemen, stratège achéen, tenta de constituer une unité hellène contre la menace romaine. Lors d'une expédition contre la ville de Messène (183 av. J.C.), il fut fait prisonnier et condamné à boire la cigüe.

David d'Angers sculpte son héros nu, comme dans la statuaire antique. Il a juste conservé quelques attributs du guerrier : casque à cimier, baudrier, épée... Le manteau, dont les plis s'étalent sur le bouclier, est l'occasion d'une belle étude de drapé classique. Mais il sacrifie la pureté de la ligne et la beauté idéale des traits pour donner à son oeuvre une puissance expressive, caractéristique de l'esprit romantique. Les proportions monumentales (le marbre est plus grand que nature), le modelé presque exagéré d'un corps puissant et musclé, la tête énorme, font de Philopoemen un colosse. Le visage aux traits dominateurs, les sourcils froncés, le regard à la fois plein de douleur et de défi, l'abondante chevelure et la barbe fournie, lui donnent l'air farouche. L'arrondi des bras, la ligne des épaules, la tête relevée dont le cimier prolonge l'élan, animent la statue d'un vaste mouvement ascendant.

Le sculpteur a tenté de concilier la nature physique et l'être moral. Vue du côté droit, celui de blessure, la statue présente l'homme souffrant, le dos courbé, la jambe fléchie. Vue de l'autre côté, c'est un héros plein de fierté, la tête dressée, le regard menaçant.  L'oeuvre exalte ainsi le courage stoïque du héros qui dépasse sa douleur pour accomplir son devoir. Alors que Philopoemen a trente ans lors de la bataille, le sculpteur l'a figuré plus âgé. Il explique dans ces Carnets qu'au-delà de la vérité historique, il a voulu représenter "le dernier des Grecs" (ainsi que l'avait nommé Plutarque), c'est-à-dire "un vieux et grand monument qui lutte contre les tempêtes avant de tomber".

La statue est présentée aux côtés d'autres sculptures de héros antiques commandées par l'administration de Louis-Philippe, tel le Soldat de Marathon de Jean-Pierre Cortot (1787-1843) ou Caton d'Utique de Jean-Baptiste Roman (1792-1835). Elles participaient du culte des "grands hommes", dont le courage et les vertus patriotiques et civiques étaient proposés en exemple au public.

D'après un document de l'Assemblée Nationale