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Un oiseau rare dans les griffes du Virus du Nil Occidental

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Les tétras centrocerque, ou gélinottes des armoises, sont en mauvaise posture : le Virus du Nil ne fait pas de cadeau à ces oiseaux étonnants, qui figurent déjà sur la liste des espèces menacées.

© Carol Davis La curieuse gélinotte des armoises

Le Virus du Nil Occidental, pour lequel il n'existe encore ni traitement ni vaccin, est très proche du virus de l'encéphalite japonaise. Il se traduit chez l'homme par une sorte de grippe, sans grave conséquence généralement, sauf dans 15% des cas où des complications au niveau du cerveau (méningites, encéphalites) peuvent parfois entraîner la mort.

Présent en Afrique, dans l'ouest de l'Asie, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis depuis 1999, il est transmis par un insecte du genre Culex qui doit lui-même être infecté pour transmettre la maladie à l'animal ou à l'homme. Les oiseaux sont les principaux vecteurs de cette pathologie.

«  Nous ne savons pas encore si les tétras centrocerques sont plus menacés que les autres espèces mais nous savons que le Virus du Nil pourrait avoir des effets dévastateurs sur leurs petites populations » alerte justement Cameron Aldridge, chercheur canadien à l'Université d'Alberta, et co-auteur de l'étude publiée dans Ecology Letters, non sans une certaine inquiétude pour cet oiseau migrateur rare...

En mars 2003, Aldridge démarre ses travaux de suivi satellite de femelles marquées à partir de 5 sites (américains et canadiens), et découvre, un an après, que les populations d'individus exposés l'été précédent au Virus du Nil Occidental ont diminué de 25%.

« Lorsque nous avons analysé les organismes des gélinottes des armoises frappées par le virus en 2003, nous espérions y trouver des anticorps dirigés contre le virus, indiquant que des oiseaux infectés auraient vaincu le virus et survécu, mais cela n'a pas été le cas » insiste le biologiste. Pas encore de défense immunitaire donc pour les tétras centrocerques, un fait qui souligne l'énorme menace qui pèse sur les petites groupes...

Les solutions sont limitées : améliorer les conditions d'habitats des quelques populations plus robustes de tétras centrocerques pour renforcer leur chance de survie, leur reproduction, etc., et revoir les programmes de contrôle des moustiques transmetteurs de la maladie.

« Nous avons une compréhension très limitée du Virus du Nil et de ses implications sur la persistance de nombreuses espèces » lance enfin Cameron Aldridge, qui regrette qu'il faille qu'une espèce arrive presque au stade critique de l'extinction pour que l'on s'intéresse enfin à elle...

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