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Brumes de pollution menaçantes sur l'Asie

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La pollution qui sévit en Asie du Sud constitue une menace à la fois régionale et globale, de l'avis des scientifiques travaillant dans le cadre du Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE). L'énorme nuage brun enveloppant cette région du monde a une incidence sur la mousson, et plus généralement sur le régime des précipitations, nuit à l'agriculture et représente un danger pour la santé de centaines de milliers de personnes.

La menace est réelle, a déclaré le Dr Klaus Toepfer, directeur exécutif du PNUELa brume est le résultat de plusieurs facteurs dont les feux de forêts, la combustion des déchets agricoles et des carburants fossiles des véhicules, des industries et des centrales électriques, ainsi que les rejets des millions de fourneaux brûlant du bois, précise-t-il.

Le vaste mélange des particules polluantes provenant de l'activité humaine (suie, sulfates, acide sulfurique, nitrates...) qui constituent la brume est devenu un risque environnemental majeur pour l'Asie et n'est pas sans impact global : une telle brume, qui s'étend sur trois kilomètres en hauteur, peut notamment balayer la moitié de la circonférence de la planète en une semaine. Elle réduirait par ailleurs de plus de 15% la quantité d'énergie solaire atteignant la surface terrestre et absorberait la chaleur. Il en résulterait un refroidissement au niveau de la surface terrestre et un réchauffement de la basse atmosphère, selon les scientifiques. La mousson d'hiver en serait affectée, les précipitations diminueraient nettement au-dessus de l'Asie du Nord-Ouest et augmenteraient le long de la côte Est du même continent. Les modèles globaux utilisés dans le cadre de l'étude suggèrent de plus que la couche polluante pourrait réduire les précipitations de 20 à 40 % sur le nord-ouest de l'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan, l'ouest de la Chine et la région voisine du centre-ouest de l'Asie. En outre, moins d'énergie solaire atteignant la surface des océans signifie moins d'évaporation de l'humidité conditionnant les précipitations d'été.

Les rendements des terres agricoles seraient quant à eux aussi bien atteints par la baisse des précipitations que par celle de la lumière solaire atteignant le sol, moins de lumière signifiant moins de photosynthèse. Les productions agricoles ont d'ailleurs déjà commencé à décroître. Les acides contenus dans l'énorme nuage brun, en retombant par le biais des pluies acides, affectent les arbres et les cultures.

Les pays d'Asie du Sud tout particulièrement atteints par la pollution sont l'Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, le Sri Lanka, le Pakistan, le Népal, les Maldives et l'Inde. La pollution à laquelle est confrontée la population asiatique de cette région n'a de surcroît pas fini de se développer, en raison de l'augmentation prévue de cette population durant les trente prochaines années : elle atteindrait 5 milliards dans trente ans, faisant plus que doubler par rapport à aujourd'hui. Les scientifiques prévoient le décès prématuré de centaines de milliers de personnes par an pour cause de maladies respiratoires liées à la pollution. Uniquement en Inde, sur la base de données récoltées dans sept villes, il a été déterminé que certains types de pollution étaient déjà responsables de 24000 décès prématurés au début des années 90 et de 37000 au milieu des années 90.

L'étude du PNUE a été menée par 200 scientifiques.

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