C’est un véritable « avertissement à l’humanité » que des chercheurs viennent de publier dans la revue Nature. Ils appellent le monde à cesser d’ignorer « la majorité invisible » que constituent les microbes. Arguant que l’impact du réchauffement climatique dépendra dans une large mesure de leurs réactions.

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Rares sont ceux qui le contestent aujourd'hui. Le réchauffement climatique a un impact sur la plupart des formes de vie sur TerreTerre. Or, les micro-organismes soutiennent l'existence même de la vie évoluée sur notre planète. Ainsi, pour comprendre comment les êtres humains ainsi que toutes les autres formes de vies -- y compris celles qui n'ont pas encore été découvertes -- peuvent résister au réchauffement climatiqueréchauffement climatique, il est essentiel d'intégrer à l'équationéquation, des connaissances sur cette « majorité invisible ».

Voilà qui résume la déclaration récente qu'un groupe international de microbiologistes vient de publier dans la revue Nature. Ils espèrent ainsi sensibiliser l'opinion à la fois sur l'influence des microbes -- y compris les virusvirus et les bactériesbactéries -- sur le changement climatique et sur les conséquences du réchauffement climatique sur les microbes.

Rappelons, en effet, que dans les océans, le phytoplanctonphytoplancton (une forme de vie microbienne) utilise l'énergieénergie du soleilsoleil pour éliminer le CO2 de l'atmosphèreatmosphère de manière aussi efficace que les plantes terrestres. Et il constitue la base de la chaîne alimentairechaîne alimentaire marine. Mais, à l'ère du réchauffement climatique, le phytoplancton pourrait subir un déclin important. Une menace pour la stabilité d'un réseau alimentaire qui s'étend jusqu'à l'Homme.

Les chercheurs espèrent que leur déclaration sensibilisera au rôle et à la vulnérabilité des microbes, mais ils appellent également à l’intégration de la recherche microbienne dans les modèles climatiques établis pour mieux lutter contre le réchauffement. Ici, une couche brune de micro-organismes végétaux formant la base de nombreux réseaux alimentaires et mis en danger par la fonte des glaces. © Ricardo Cavicchioli, UNSW Sydney
Les chercheurs espèrent que leur déclaration sensibilisera au rôle et à la vulnérabilité des microbes, mais ils appellent également à l’intégration de la recherche microbienne dans les modèles climatiques établis pour mieux lutter contre le réchauffement. Ici, une couche brune de micro-organismes végétaux formant la base de nombreux réseaux alimentaires et mis en danger par la fonte des glaces. © Ricardo Cavicchioli, UNSW Sydney

Intégrer les microbes aux modèles

Sur la terre ferme, l'élevage de ruminants, notamment, libère de grandes quantités de méthane -- un puissant gaz à effet de serre -- à partir des microbes vivant dans leur rumenrumen.

Les changements climatiques influent aussi sur l'impact des microbes pathogènes sur les plantes, les animaux et les Hommes. Car le réchauffement est synonyme de stressstress pour des individus qui deviennent plus sensibles aux agents pathogènespathogènes. Et les évolutions du climatclimat augmentent aussi le nombre et la portée des vecteurs de ces microbes comme les moustiquesmoustiques ou les petits mammifèresmammifères.

S’ils ne tiennent pas compte des microbes, les modèles ne peuvent pas être justes

« Notre déclaration souligne la nécessité d'étudier les réponses microbiennes au changement climatique et d'inclure la recherche basée sur les microbes lors de l'élaboration des décisions en matièrematière de politique et de gestion. Si les microorganismes ne sont pas pris en compte de manière efficace, cela signifie que les modèles climatiques ne peuvent pas être générés correctement et que les prévisions peuvent être inexactes », conclut le professeur Ricardo Cavicchioli, de l'École de biotechnologiebiotechnologie et de sciences biomoléculaires (BABS), à l'université de Nouvelle-Galles du Sud (Australie). 

Les microbiologistes qui le souhaitent sont invités à signer en ligne cet « avertissement à l’humanité ».