Des chercheurs sont parvenus à coupler des cellules vivantes et des boîtes quantiques. Les nano-organismes hybrides ainsi obtenus consomment du CO2, de l’eau et de l’azote pour fabriquer des biocarburants ou des produits chimiques. © gpointstudio, Fotolia

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Ces nano-organismes transforment le CO2 en carburant écologique

ActualitéClassé sous :chimie , dioxyde de carbone , CO2

Comment compenser son empreinte carbone ? En installant, dans notre jardin, un bassin de rétention rempli de nano-organismes hybrides capables de transformer nos émissions de CO2 en carburants et en matières plastique. C'est ce que proposent aujourd'hui des chercheurs américains.

Le dioxyde de carbone (CO2) que nous rejetons dans l'atmosphère participe grandement au réchauffement climatique. Pour limiter la hausse des températures, il faut limiter les émissions. Ou envisager de capturer le CO2 atmosphérique. Et c'est ce que proposent aujourd'hui des chercheurs de l'université du Colorado à Boulder (États-Unis) : une solution de séquestration du CO2 à faible coût. Doublée d'un moyen de fabriquer, de manière écologique, des produits chimiques et des carburants tels que le biodiesel.

« Les processus biochimiques sont incroyablement puissants », témoigne Prashant Nagpal, professeur en génie chimique et biologique. Il aura fallu à son équipe plus de cinq années pour aboutir au résultat souhaité : permettre à des cellules microbiennes « inactives » par manque de photosynthèse de convertir enfin le CO2 et l'azote atmosphériques en plastiques et autres carburants.

Lorsque les boîtes quantiques sont activées par de la lumière verte, les microbes produisent de l’ammoniac. Lorsqu’elles sont activées par de la lumière rouge, elles fabriquent du plastique comme celui en photo ici. © Nagpal Lab, Université du Colorado à Boulder

Compenser son empreinte carbone ?

Ce sont des boîtes quantiques nanoscopiques, activées par la lumière et spécialement conçues pour se lier et s'assembler à certaines enzymes de cellules microbiennes qui les ont menés au succès. Il suffit désormais d'une petite quantité de lumière solaire - même indirecte - pour que l'appétit de CO2 de ces espèces communément présentes dans les sols et les eaux soit aiguisé.

« Chaque cellule fabrique ainsi des millions de produits chimiques. Nous avons montré qu'elles pouvaient dépasser leur rendement naturel de près de 200 % », précise Prashant Nagpal. Et en fonction des boîtes quantiques choisies et de la longueur d'onde utilisée pour l'activation, les produits finaux sont différents. Le processus semble pouvoir fonctionner à grande échelle, sans que les usines microbiennes montrent de signes d'épuisement. De quoi rêver d'un quartier dans lequel les foyers achemineraient leurs émissions de CO2 vers un bassin de rétention où des microbes les convertiraient en bioplastiques.

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