Pour la première fois, une étude indique que l'augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère pourrait accentuer les épisodes de fortes sécheresses en zones tropicales et subtropicales. Le phénomène serait donc attribué au réchauffement climatique. En revanche, la hausse du gaz à effet de serre intensifierait les pluies à l'équateur.
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La hausse du dioxyde de carbonedioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphèreatmosphère pourrait multiplier les sécheressessécheresses extrêmes dans les régions tropicales et subtropicales, indique une étude parue dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences. Plus précisément, la croissance du taux de gaz carbonique dans l'airair agirait sur une zone de circulation atmosphériquecirculation atmosphérique appelée cellules de Hadleycellules de Hadley et localisée entre l'équateuréquateur et les latitudeslatitudes 30° N et 30° S. Associées aux alizésalizés qui prévalent sous les tropiquestropiques, les cellules de Hadley sont connues pour influer sur la répartition des précipitationsprécipitations, sur les nuagesnuages et sur l'humidité relative au niveau d'une bande couvrant la moitié de la surface de la TerreTerre.

Selon que le climatclimat mondial est plus ou moins chaud, ce courant aérien peut se dilater ou se contracter. Ces vingt dernières années, les cellules de Hadley se sont renforcées et élargies de part et d'autre de l'équateur vers les pôles à une vitessevitesse supérieure à celle anticipée par les modèles climatiquesmodèles climatiques mondiaux.

Conséquence : davantage de précipitations dans les régions équatoriales et de sécheresses dans les régions subtropicales. Celles-ci sont situées, au nord comme au sud, entre les latitudes 23,5° et 40°. Le sud des États-Unis et l'Amérique du Sud, la région méditerranéenne, l'Afrique du nord et du sud ainsi qu'une partie de l'Australie sont concernées par le phénomène.

Cette carte de surveillance des sécheresses aux États-Unis témoigne d'une vague de chaleur record : les faibles chutes de neige et les hautes températures estivales ont fait des ravages sur les cultures et rendu difficile l'approvisionnement en eau. © Richard Heim, NOAA, NESDIS, NCDC, domaine public

Cette carte de surveillance des sécheresses aux États-Unis témoigne d'une vague de chaleur record : les faibles chutes de neige et les hautes températures estivales ont fait des ravages sur les cultures et rendu difficile l'approvisionnement en eau. © Richard Heim, NOAA, NESDIS, NCDC, domaine public

L'aridité pourrait persister

Jusqu'à présent, les recherches climatiques prédisaient un affaiblissement des cellules de Hadley en réponse à la perturbation climatique mondiale. Aussi, leur intensification de ces dernières décennies était-elle attribuée à la variabilité naturelle et décennale du climat.

Pour la première fois, la présente étude scientifique démontre le contraire : la circulation atmosphérique des cellules de Hadley s'est accentuée à mesure que le climat s'est réchauffé. Et le processus va se poursuivre, concluent les auteurs, qui se basent sur les résultats de modélisationsmodélisations climatiques.

Cette découverte se révèle importante pour comprendre comment la Planète pourrait évoluer alors que le climat continue de changer. L'année 2014 aurait été l'une des plus chaudes jamais répertoriées au niveau mondial depuis le début des relevés de température, en 1880. De multiples sécheresses record ont été enregistrées, notamment aux États-Unis, au Brésil et en Australie. De futures recherches permettront peut-être de savoir si l'intensification des sécheresses dans les régions tropicales et subtropicales du Globe pourrait devenir une nouvelle norme.