Planète

Climat : le CO2 accentue les sécheresses subtropicales

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , gaz carbonique , gaz à effet de serre

Pour la première fois, une étude indique que l'augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère pourrait accentuer les épisodes de fortes sécheresses en zones tropicales et subtropicales. Le phénomène serait donc attribué au réchauffement climatique. En revanche, la hausse du gaz à effet de serre intensifierait les pluies à l'équateur.

Le réchauffement climatique serait à l'origine de l'accentuation des sécheresses dans les régions subtropicales. L'Australie est notamment concernée. En 2007, la région de Riverina, en Nouvelle-Galles du Sud, avaient ainsi souffert du manque d'eau. © Virtual Steve, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

La hausse du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère pourrait multiplier les sécheresses extrêmes dans les régions tropicales et subtropicales, indique une étude parue dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences. Plus précisément, la croissance du taux de gaz carbonique dans l'air agirait sur une zone de circulation atmosphérique appelée cellules de Hadley et localisée entre l'équateur et les latitudes 30° N et 30° S. Associées aux alizés qui prévalent sous les tropiques, les cellules de Hadley sont connues pour influer sur la répartition des précipitations, sur les nuages et sur l'humidité relative au niveau d'une bande couvrant la moitié de la surface de la Terre.

Selon que le climat mondial est plus ou moins chaud, ce courant aérien peut se dilater ou se contracter. Ces vingt dernières années, les cellules de Hadley se sont renforcées et élargies de part et d'autre de l'équateur vers les pôles à une vitesse supérieure à celle anticipée par les modèles climatiques mondiaux.

Conséquence : davantage de précipitations dans les régions équatoriales et de sécheresses dans les régions subtropicales. Celles-ci sont situées, au nord comme au sud, entre les latitudes 23,5° et 40°. Le sud des États-Unis et l'Amérique du Sud, la région méditerranéenne, l'Afrique du nord et du sud ainsi qu'une partie de l'Australie sont concernées par le phénomène.

Cette carte de surveillance des sécheresses aux États-Unis témoigne d'une vague de chaleur record : les faibles chutes de neige et les hautes températures estivales ont fait des ravages sur les cultures et rendu difficile l'approvisionnement en eau. © Richard Heim, NOAA, NESDIS, NCDC, domaine public

L'aridité pourrait persister

Jusqu'à présent, les recherches climatiques prédisaient un affaiblissement des cellules de Hadley en réponse à la perturbation climatique mondiale. Aussi, leur intensification de ces dernières décennies était-elle attribuée à la variabilité naturelle et décennale du climat.

Pour la première fois, la présente étude scientifique démontre le contraire : la circulation atmosphérique des cellules de Hadley s'est accentuée à mesure que le climat s'est réchauffé. Et le processus va se poursuivre, concluent les auteurs, qui se basent sur les résultats de modélisations climatiques.

Cette découverte se révèle importante pour comprendre comment la Planète pourrait évoluer alors que le climat continue de changer. L'année 2014 aurait été l'une des plus chaudes jamais répertoriées au niveau mondial depuis le début des relevés de température, en 1880. De multiples sécheresses record ont été enregistrées, notamment aux États-Unis, au Brésil et en Australie. De futures recherches permettront peut-être de savoir si l'intensification des sécheresses dans les régions tropicales et subtropicales du Globe pourrait devenir une nouvelle norme.

Cela vous intéressera aussi