Un ours noir se prépare à hiberner. © PhotoSpirit, Adobe Stock
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Le sang des ours en hibernation permet de conserver la masse musculaire

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Les ours noirs hibernent sept mois par an, et pourtant durant cette période ils conservent leur masse musculaire, et restent de manière général en bonne santé.

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Ils hibernent la majeure partie de l'année, plus exactement entre cinq et sept mois par an. Les ours noirs se trouvent alors dans un état d'hypothermie contrôlée : ils abaissent leur température corporelle, diminuent leur fréquence cardiaque, tombent dans une sorte de sommeil léthargique et survivent sans manger ni boire. Mais plus encore, « ils maintiennent leurs fonctions physiques avec une atrophie musculaire squelettique et un dysfonctionnement métabolique minimes », décrit une étude récemment publiée dans PLOS.

Les auteurs de l'étude se sont demandé ce que contenait le sang de ces ours qui leur permet de se conserver aussi bien. Car, pour les humains, un tel état de léthargie durant une aussi longue durée conduit inexorablement à une perte importante de la masse musculaire. L'équipe japonaise a alors effectué des tests sur des cellules musculaires squelettiques humaines, en leur injectant du sérum sanguin d'ours noir, soit prélevé durant la période active, soit durant l'hibernation. Puis ils ont attendu et observé l'effet sur ces cellules.

Un facteur inconnu dans le sang

Le résultat est là : les cellules ayant reçu du sérum d'ours en hibernation ont vu leur teneur en protéines augmenter considérablement en 24 heures ! À l'inverse, pour celles ayant reçu du sérum d'ours actif, le processus naturel de dégradation des protéines musculaires n'a pas été stoppé. « Nous avons indiqué qu' "un certain facteur" présent dans le sérum d'ours en hibernation peut réguler le métabolisme des protéines dans les cellules musculaires squelettiques humaines cultivées et contribuer au maintien de la masse musculaire, conclut le physiologiste Mitsunori Miyazaki de l'Université d'Hiroshima. Cependant, l'identification de ce facteur n'a pas encore été réalisée ».

Les chercheurs supposent cependant que tout se joue au niveau de « l'inhibition du système de dégradation des protéines », c'est-à-dire la protéolyse. À l'avenir, ils comptent se pencher sur l'identification formelle du mécanisme qui se joue avec le sérum sanguin des ours noirs. Selon eux, cela permettrait de développer de « nouvelles approches pour prévenir l'atrophie et la faiblesse des muscles squelettiques chez l'Homme ».

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