Un réchauffement stratosphérique soudain au-dessus du pôle Nord pourrait provoquer une vague de froid sur l’Europe. © magdal3na, Adobe Stock
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Un réchauffement stratosphérique soudain en Arctique menace l’Europe d’une vague de froid

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[EN VIDÉO] L’Arctique n’est plus le même  La transformation de l’Arctique en une région plus chaude, moins gelée et biologiquement différente est aujourd’hui incontestablement en marche. Sous l’effet du réchauffement climatique, les températures augmentent, faisant fondre les glaces et verdir la toundra, déclenchant dans la région, de gigantesques feux de forêt et modifiant en profondeur l’environnement des populations animales qui vivent en Arctique. Et des conséquences sont désormais à attendre pour l’ensemble de la planète. © NOAA 

Au-dessus du pôle Nord, la stratosphère vient de gagner 50 °C ! Et le phénomène pourrait être à l'origine d'un hiver froid et rigoureux sur l'Europe. Étonnant ? Pas tant que ça, nous expliquent les météorologues.

La stratosphère, c'est la couche de l'atmosphère qui se situe juste au-dessus de la troposphère. Un peu plus haut que l'Everest. Il arrive parfois que les températures de la stratosphère augmentent brusquement. Elles peuvent alors gagner 50 °C en quelques jours. Les météorologues parlent de réchauffement stratosphérique soudain -- Sudden Stratospheric Warming (SSW) pour les anglophones.

C'est ce qui s'est produit du côté du pôle Nord en ce début janvier 2021. Alors que les températures de la stratosphère tournaient, au mois de décembre, autour des -70 °C, elles ont été mesurées à seulement -20 °C ce mardi 5 janvier 2021. Un pic de chaleur qui pourrait avoir des conséquences sur la météo de l'ensemble de l'hémisphère nord dans les semaines à venir.

Rappelons qu'en principe, à l'arrivée de l'hiver, avec les jours qui raccourcissent, l'hémisphère nord reçoit moins de rayons ultraviolets. Les températures baissent. Mais très au nord, avec l'installation de la nuit polaire, les températures chutent considérablement. Ces différences marquées de température donnent naissance à ce que les météorologues appellent le courant-jet stratosphérique de la nuit polaire. Une circulation d'ouest en est très rapide autour du pôle à l'intérieure de laquelle se niche, jusqu'au printemps, une zone très froide que l'on appelle le vortex polaire.

Beaucoup d’incertitudes

Mais lorsque survient un SSW, on observe une modification de la circulation des vents violents autour du vortex polaire. Une inversion, même. Ainsi le courant-jet stratosphérique de la nuit polaire se retrouve à souffler dans la direction opposée à celle du jet-stream. De l'air froid peut alors se retrouver piégé dans ce jet-stream et se décaler vers nos latitudes. C'est ce qui s'est produit lors de l'épisode de froid intense qui a touché l'Europe début 2018. Idem en février 2012, pour la dernière grande vague de froid qu'a connu la France.

« Deux tiers des réchauffements stratosphériques soudains observés dans la région du pôle Nord ont un impact significatif sur les conditions météorologiques de surface à nos latitudes », précise Richard Hall, chercheurs à l'université de Bristol (Royaume-Uni), dans un communiqué. Avec d'autres spécialistes, il a étudié 40 SSW qui se sont produits au cours des 60 dernières années. Montrant que les événements fractionnés ont tendance à être transmis vers la surface de notre Terre -- en quelques jours ou en quelques semaines -- et ainsi, à être associés à un temps plus froid sur le nord-ouest de l'Europe et la Sibérie.

Même si le vortex polaire présente aujourd'hui toutes les caractéristiques d'un affaiblissement, « il est trop tôt pour dire si le SSW que nous vivons aujourd'hui sera ou non fractionné », ajoute Richard Hall. Difficile donc, à ce stade, de prévoir quelles en seront les conséquences sur notre météo. « En revanche, cela nous rappelle à quel point notre climat peut être sensible. Même dans un contexte de réchauffement climatique global, de tels événements pourront se produire. Cela signifie que nous allons de plus en plus devoir nous montrer adaptables à des plages de températures extrêmes », poursuit Dann Mitchell, un autre auteur de l'étude.

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