La série de séismes s'est produite au sud de l'archipel nippon, sur l’île de Kyūshū. Les magnitudes, qui déterminent la puissance de l'évènement, varient selon les sources. © CSEM/EMSC

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Séisme au Japon : quelle était réellement sa puissance ?

ActualitéClassé sous :géologie , tremblement de terre , séismes

Ce n'est pas un seul séisme mais une série qui a frappé le sud du Japon dans la nuit du 14 au 15 avril. La puissance des secousses s'est étalée de 4 à 6, et des répliques sont à attendre.

Cette nuit, l'île de Kyūshū, au sud du Japon, a été frappée par une série de séismes, dans la région de Kumamoto, à l'est. Les dégâts sont importants, avec un bilan humain provisoire de 9 morts et 860 blessés ; ils ont conduit à évacuer 44.000 personnes. Des usines sont fermées, des routes coupées et des liaisons ferroviaires interrompues. L'évènement n'est pas terminé, affirment les autorités japonaises, et des secousses peuvent se produire durant encore toute la journée. Les deux centrales nucléaires de l'île, en revanche, n'ont pas été affectées.

La magnitude maximale annoncée varie selon les sources, entre 6,1 et 6,4. Sa puissance est donc bien moins élevée que celle du 11 mars 2011, qui atteignit 8,9. Survenu loin des côtes, ce séisme n'avait provoqué directement que peu de dégâts mais il avait engendré un tsunami dévastateur, qui avait eu notamment raison de l'installation nucléaire de Fukushima.

Les secousses de cette nuit se sont en revanche produites à faible profondeur - entre 10 et 15 km - sous des terres habitées. Le CSEM (Centre sismologique euroméditerranéen) indique une première secousse à 6,1 à 12 h 26 TU (soit 21 h 26 au Japon), suivie de nombreuses autres, dont une de 6,0 à 15 h 03 TU. On peut remarquer que, depuis, l'écorce terrestre a tremblé plus fort encore près du Vanuatu, avec une secousse de magnitude 6,3 à 21 h 50 TU.

Le séisme (dont l'épicentre est marqué ici d'un point rouge) s'est produit sur l'île de Kyūshū, au sud du Japon. Le jeu des plaques tectoniques est complexe dans cette région, avec des failles convergentes (en violet), où elles s'affrontent, des failles divergentes, où elles s'éloignent l'une de l'autre (en rouge), et des failles transformantes, où elles glissent l'une contre l'autre, en sens inverse (en vert). En mer, des plaques s'enfoncent sous leurs voisines : c'est la subduction (en bleu). C'est dans l'une de ces failles que se trouve la fosse des Mariannes, le point le plus profond de l'océan mondial. © Sting, Wikipédia, CC by-sa 2.5

Trois plaques tectoniques en encerclent une quatrième

Ces magnitudes sont dites « de moment », et se notent Mw chez les sismologues. Elles se calculent à partir des mesures des ondes sismiques à basses fréquences et indiquent l'énergie dégagée par la secousse. L'échelle est logarithmique, une augmentation d'une unité correspond à une énergie multipliée par 31,6.

Au Japon, la JMA (Japan Meteorological Agency), qui centralise les informations sur les risques liés à la météorologie ou l'activité sismique, utilise, elle, une unité spécifique, qui dépend de l'ampleur des mouvements du sol, en surface donc. Lors de l'évènement de cette nuit, les magnitudes JMA sont montées au-delà de 6 et même à 7.

Quant à l'origine du tremblement de terre, elle est assez bien connue, même si la région est géologiquement complexe, comme le montre la carte ci-dessus. Au sud du Japon, quatre plaques tectoniques bougent les unes par rapport aux autres. La petite Okinawa est comme prise en tenaille par ses trois voisines, celle des Philippines, celle du Yangtsé et celle de l'Amour. Derrière, la plaque Pacifique pousse vers l'ouest à raison de 8 cm par an.

Après le séisme du 11 mars 2011, le risque sismique avait été revu à la hausse et, en janvier 2012, les géologues de l'université de Tokyo ont annoncé une probabilité de 70 % qu'un séisme de magnitude 7 ou plus survienne à proximité de la capitale avant 2016. Nous y sommes et ce n'est pas Tokyo qui a tremblé mais le sud de l'archipel nippon. La prévision est très difficile...

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