La montée des eaux menace actuellement de nombreux territoires côtiers et insulaires. Mais le réchauffement climatique n’est pas le seul élément à prendre en considération pour l’évaluation du risque d’inondation. La subsidence thermique, mais également certains événements tectoniques, comme les séismes, participent également au phénomène.


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    L'un des effets du réchauffement climatique est l'élévation du niveau moyen des océans. Fonte des glaces mais aussi dilatationdilatation thermique entraînent en effet une montée des eaux. Les scientifiques estiment ainsi que la barre des +60 centimètres pourrait être dépassée en 2100. Un phénomène d'ampleur non négligeable qui menace de faire disparaître sous les eaux de très nombreux territoires, notamment insulaires.

    Mais une étude récente montre que pour évaluer et anticiper au mieux ce risque d’inondation, la prise en compte de la montée du niveau des océans n'est pas suffisante. Car d'autres facteurs interviennent et la combinaison de l'ensemble des paramètres montre que certaines îles pourraient ainsi être submergées bien plus vite qu'on ne le pensait.

    Des îles qui s’enfoncent lentement avec le refroidissement de la croûte océanique

    Premier paramètre à prendre en compte : la subsidence thermique des îles. Il s'agit là d'un phénomène bien connu. Avec le temps, la croûte océanique se refroidit et devient plus dense, s'enfonçant ainsi progressivement dans le manteaumanteau. Les îles qui la jonchent subissent alors le même sort, donnant l'impression de « couler » lentement. Les mesures GPSGPS et d'altimétrie rendent bien compte du phénomène, qui est de l'ordre de quelques millimètres par an.

    Et ce n'est pas tout. Une récente étude combinant des moyens de mesures plus détaillés, notamment l'interférométrieinterférométrie radar (InSAR) montre que cet enfoncement s'est accéléré depuis 2009. De 1 à 2 millimètres de subsidence par an, l'île de Tutuila est passée à 6 à 9 millimètres par an ! Un changement qui serait associé à un événement bien particulier.

    L'île de Tutuila dans les Samoa américaines « coule » plus rapidement depuis 2009. © Eric Guinther, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 3.0
    L'île de Tutuila dans les Samoa américaines « coule » plus rapidement depuis 2009. © Eric Guinther, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

    Un séisme qui accélère le phénomène

    En 2009, les îles des Samoa (Polynésie), qui se situent à proximité d'une importante zone de subductionzone de subduction, subissent un important séisme de magnitudemagnitude 8,1, suivi d’un tsunami qui a fait des centaines de victimes. Or, l'impact de cet événement tectonique pourrait vraisemblablement se faire sentir sur le plus long terme. La déformation de la plaque à la suite du séisme a en effet accéléré l'effet de subsidence des îles Samoa.

    L'étude montre l'importance d'avoir une vision la plus précise possible de ce type de déformation afin d'anticiper au mieux le risque d'inondationinondation. Car, à cet enfoncement d'origine tectonique, il faut additionner la montée des eaux due au réchauffement, qui s'avère être encore plus prononcée dans cette région du globe.