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Le cycle de l'eau s'est accéléré, la preuve par le sel

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Selon une étude australienne, le cycle de l'eau s'est accéléré. L'ont-ils vu dans le marc de café ? Non, dans le sel de mer, tout simplement. Plus de cinquante ans de données sur la salinité des océans révèlent en effet une amplification des phénomènes d'évaporation et de précipitation, selon un schéma qui recoupe les simulations du Giec quant aux effets du changement climatique sur le régime des pluies.

Schéma du cycle de l’eau. C’est l’énergie solaire qui en est le moteur au travers de l’évaporation des masses d’eau. Les zones de forte évaporation et celles qui recueillent les précipitations étant différentes, il se crée des différences géographiques de salinité. L’accroissement de ces différences caractérise une accélération du cycle de l’eau. © Toony, Wikimédia CC by 3.0

Les chercheurs australiens du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) ont mis en évidence une amplification du cycle de l'eau à travers l'étude de la salinité des océans.

Le cycle de l'eau est actionné par l'évaporation de l'eau de mer qui précipite ensuite sous forme de pluie, de neige, de grêle, etc., soit directement au-dessus des océans, soit sur les terres. L'eau douce ruisselle alors pour retourner plus ou moins rapidement jusqu'aux océans. Par conséquent, le cycle d'eau provoque une hausse de la salinité dans les zones d'évaporation (concentration des sels) tandis que l'accroissement des apports en eau douce la réduit dans les zones de fortes précipitations. Ce phénomène est à l'origine des différences de salinité entre les différentes mers et océans.

Cependant, les travaux de Paul Durack et Susan Wijffels ont révélé que ces variations de salinité se sont amplifiées depuis 1950, conformément aux simulations établies par le Giec (Groupe intergouvernemental d'étude du climat) sur les conséquences du changement climatique. En d'autres termes, les régions sèches deviennent encore plus sèches, tandis que les régions humides reçoivent davantage de pluie, ce qui modifie la salinité des eaux au niveau des océans. « Ces données sur l'océan mondial confirment que le cycle de l'eau de la Terre s'est accéléré » résume le doctorant Paul Durack.

Le docteur Susan Wijffels tenant une bouée Argo. Avec Paul Durack, cette chercheuse tente de réduire les incertitudes liées au réchauffement climatique à travers le plus grand programme de suivi des océans. © Bruce Miller

Par ailleurs, dans leur étude publiée dans la revue American Journal of Climate, les chercheurs du CSIRO ont confirmé que l'élévation de la température des 50 dernières années (+ 0,4°C) affecte les couches profondes de l'océan et leurs salinités.

« Alors que de tels changements de salinité sont attendus à la surface des océans, où près de 80% des échanges se produisent, explique Paul Durack, les mesures de sub-surface indiquent que des changements plus larges, causés par le réchauffement, s'étendent dans l'océan profond. »

La salinité, témoin de la pluie et du beau temps… passé ou simulé

Pour aboutir à ces conclusions, l'équipe menée par Durack et Wijffels s'est appuyée sur les données du programme Argo et sur des données historiques collectées entre 1950 et 2008. Les scientifiques ont ainsi pu réaliser une tendance pluri-décennale des variations de température et de salinité des océans.

Auparavant, il existait peu d'informations sur l'évaporation et les précipitations en milieu océanique. Les mesures de précipitations sont en effet difficiles car peu de zones sont bien équipées et peu de navires océanographiques surveillent les océans qui recouvrent 70% de la planète.

Les correspondances entre les travaux de Paul Durack et Susan Wijffels et les simulations du Giec sur les modifications du cycle de l'eau démontrent cependant que la salinité des océans peut servir d'indicateur fiable de l'évaporation et des précipitations.

La salinité des océans pourrait donc être un outil de validation des modèles sur le changement climatique et lever des incertitudes sur le cycle de l'eau, passé et futur.

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