Le Dragon de Komodo fait peur. Par son nom, tout simplement. Et par sa réputation de monstre sanguinaire. Il semblerait pourtant que l’animal aime jouer. Il sait aussi reconnaître ceux qui le nourrissent. Alors, finalement, pas si bête, le Dragon de Komodo. © Uryadnikov Sergey, Adobe Stock
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Bêtes de science : le Dragon de Komodo, monstre sanguinaire ou petit futé ?

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« Bêtes de science », c'est comme un recueil d'histoires. De belles histoires qui racontent le vivant dans toute sa fraîcheur. Mais aussi dans toute sa complexité. Une parenthèse pour s'émerveiller des trésors du monde. Pour ce nouvel épisode, intéressons-nous à un lézard pas tout à fait comme les autres : le Dragon de Komodo.

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Ils sont généralement plutôt grands. Ils ont un long cou. Une tête triangulaire. Et une langue bifide. Vous savez, une langue qui se coupe en deux à son extrémité. Comme la langue des serpents. Pourtant, les varans sont bien des lézards. Le plus grand d'entre eux -- et sans doute aussi le plus connu --, c'est le Dragon de Komodo. Il peut mesurer jusqu'à 3 mètres de long et peser quelque 90 kilogrammes.

Sur l'île de Komodo où il vit, il se raconte une jolie légende qui le lie à jamais à l'humanité. À en croire cette histoire, une princesse aurait un jour donné naissance à des jumeaux. Un petit garçon qu'elle éleva comme tel. Et un dragon femelle qu'elle cacha dans la forêt. Au détour d'une partie de chasse, le petit garçon devenu jeune homme faillit tuer sa sœur jumelle. Mais il déposa finalement les armes. Depuis, les hommes et les dragons vivent en harmonie.

Ou presque. Puisque, malgré sa taille pour le moins imposante et qui lui permet de dominer les régions dans lesquelles il vit, le Dragon de Komodo est aujourd'hui considéré comme une espèce en danger. Son habitat disparait et il souffre d'une diminution du nombre de ses proies -- des invertébrés, des oiseaux ou des petits mammifères, la plupart du temps --, du tourisme et du braconnage. Les chercheurs estiment en plus qu'avec la montée du niveau des mers, pas moins de 30 % de son aire de répartition pourrait se retrouver sous les eaux avant la fin de ce siècle.

Un monstre pas si bête

Et ce n'est malheureusement pas leur réputation de monstre sanguinaire qui va aider à les préserver. Car c'est un fait, le Dragon de Komodo est parmi les plus dangereux des lézards. Il sait se montrer vif. Et patient. Il cache même, en dessous de sa mâchoire, des glandes à venin. Un film sorti en 1999 met d'ailleurs en scène des Dragons de Komodo mangeurs d'hommes. Pourtant, dans la vraie vie, les attaques contre les humains -- même si elles peuvent s'avérer mortelles -- restent extrêmement rares. Le Dragon de Komodo étant finalement plutôt fainéant de nature. Il porte déjà sur le dos une peau faite d'écailles dures. Aussi difficile à porter qu'une cotte de mailles. Vous imaginez que pour économiser son énergie, il préfère... lézarder au soleil !

Si la réputation du Dragon de Komodo ne lui sert pas, peut-être son intelligence arrivera-t-elle à émouvoir. Sur des spécimens en captivité, les chercheurs ont en effet noté plusieurs signes de développement cognitif. Kraken, le tout premier de ces lézards nés en captivité au zoo de Washington en 1982, a ainsi montré son attirance pour... le jeu. Il aimait pousser, attraper et prendre dans sa gueule différents objets. Et les chercheurs ont pu montrer que ses jeux n'étaient pas motivés par le comportement prédateur du jeune dragon.

D'autres chercheurs ont fait la démonstration de la mémoire étonnante pour des lézards de ces drôles d'animaux. Toujours en captivité, ils ont en effet noté que le Dragon de Komodo réagit différemment en présence de son soigneur habituel ou d'un étranger. Il semble même que ces dragons puissent développer des personnalités distinctes.

Certains de leurs cousins varans ont montré d'autres aptitudes surprenantes. Le Varan du Nil, lui, est passé maître dans l'art de la chasse. À force de ruse. Sa technique : attirer une femelle crocodile loin de son nid pour permettre à son comparse de dévorer les œufs laissés sans défense. Le Varan bigarré, quant à lui, aurait une certaine conscience des mathématiques. Ce lézard endémique d'Australie saurait compter ! Jusqu'à six, seulement. Mais pour un lézard, reconnaissez que ce n'est déjà pas si mal. Alors, les varans, pas si bêtes, n'est-ce pas ?

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